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Documentation pour l'Histoire des Sciences
José L. Prieto Pérez
Fundación Canaria Orotava de Historia de la Ciencia

TABLE DES MATIÈRES

Introduction

Le corps face au miroir des arts plastiques

Le corps face au miroir de son éducation

Le corps face au miroir de la reflexion

Activites didactiques

REFLEXIONS DU CORPS FACE AU MIROIR

RÉSUMÉ

Cette présentation se propose de développer la thématique suivante : l’origine et l’évolution de la conception du corps, dans son sens et son organisation, au sein de la culture grecque Ancienne.

Nous envisagerons cette étude du point de vue de la multidisciplinarité, et suivrons pour cela l’évolution de cette conception dans les domaines des arts plastiques, de l’éducation et de la médecine.

Premier "reflet" possible du sujet : l’aspect plastique, que nous étudierons à travers les différentes représentations du corps humain en peinture sur céramique et sculpture depuis l’époque archaïque jusqu’à la période classique.

Nous aborderons ensuite le sujet sous l’angle de l’éducation dans la Grèce ancienne, où le corps revêt une importance particulière, jusqu’à l’arrivée des Sophistes qui préconisent, eux, une formation intellectuelle.

C’est dans le domaine de la médecine que l’on retrouvera enfin l’image du corps la plus achevée : tel un reflet de la raison, celle du corpus hippocraticum.

 INTRODUCTION

On est encore loin de considérer l’histoire de la science comme une discipline académique. Pour la définir, il faudrait, dans un souci de méthodologie, répondre au préalable à des interrogations bien concrètes : doit-on parler d’histoire de la science ou bien d’histoire des sciences ? D’histoire vue de l’intérieur ou de l’extérieur ?.

Mais ce n’est pas ici notre propos : il s’agira plutôt pour nous d’aborder la question de l’enseignement de l’histoire de la science, ou des sciences. Nous l’envisagerons du point de vue de l’interdisciplinarité qu’il nous semble impliquer, et ceci en ce qui concerne l’enseignement secondaire (l’interdisciplinarité dans l’enseignement supérieur devant être abordé avec d’autres critères d’évaluation) .

On comprend que cette vision interdisciplinaire de l’enseignement conduise à une approche plus "horizontale" de la transmission du savoir, où la mise en relation des différentes connaissances au travers de schémas généraux primerait sur une approche "verticale", transmission d’un ensemble de données érudites visant à l’exhaustivité. Nous illustrerons ce propos par l’étude d’un noyau thématique aux facettes multiples : celui de la conception du corps dans la culture grecque antique, de la période archaïque au classicisme.

Ce thème se trouve significativement placé à la confluence de divers savoirs, langages, représentations et acceptions que l’on observera comme autant de "reflets" d’un même noyau de sens.

Nous fixerons les limites temporelles de cette étude entre les expressions plastiques primaires et la médecine hippocratique (du VIIème au IVéme)– même s’il nous faudra aussi parler, afin d’éclaircir certains points, du Galénisme.

LE CORPS FACE AU MIROIR DES ARTS PLASTIQUES

 On a souvent dit que la culture Grecque était somato-centrique, ce qui n’ est pas tout à fait précis. Le traitement qu’elle accorde au corps –du moins dans la période

Archaïque - n’est pas purement physique : il est fondé sur des valeurs tels que la vitalité, la beauté ou le pouvoir. Le corps est l’emblème de ce que l’homme vaut. L’attribut de la noblesse, le kalós kai agathós se manifeste dans la plastique à travers la jeunesse, la vigueur, la grâce, la taille, la largeur des épaules, la vitesse des jambes, la force des bras, la fraîcheur de la chair.....

La figure de l’homme "géométrique", caractéristique de la céramique archaïque , est simple et schématique. Elle représente la conception homérique du corps, construit par l’addition de ses différentes parties. Les artistes montrent un corps articulé : on y distingue parfaitement les différents membres, où les articulations se remarquent par des traits très fins, alors que les muscles sont mis en valeur de manière plus exagérée. La tête est un point pourvu d’un apendice qui indique le nez ou la barbe ; le torse est un triangle dont le sommet est la taille et les extrémités des formes longilignes. Le corps est une silhouette.

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 FIGURES 1 ET 2 : REPRÉSENTATIONS DU CORPS DANS LA CÉRAMIQUE DE LA PÉRIODE ARCHAÏQUE

 La sculpture primaire (kuroi) est du même genre : corps élancé et anguleux, torse triangulaire et position rigide. Les bras apparaissent habituellement collés aux côtés et les jambes sont jointes. Les yeux s’enfoncent dans leurs orbites. La chevelure est figurée par une pâte compacte sillonnée de lignes géométriques qui tombent dans le dos.

Dans une première phase, le modelage ne joue pas un rôle très important. Les sculpteurs se limitent alors à tracer des sortes de sillons aux endroits où le corps présente des reliefs : le creux séparant les poumons de l’abdomen, les parois fibreuses du muscle droit, ou les plis qui séparent le ventre des cuisses.

Le genou est représenté par un triangle inversé (la rotule) qui continue jusqu’à la cuisse le long de deux sillons comme une sorte de représentation des vastes interne et externe.

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FIGURE 3 : KUROS

C’est grâce à l’athlétisme que l’artiste grec parvient à maîtriser petit à petit l’anatomie et le sens plastique du mouvement. L’Apollon Strangford (vers l’an 500 avant J.C.) montre ainsi la fin de l’archaïsme et l’évolution vers une compréhension plus profonde des formes corporelles. Il ne ságit pas seulement que les membres dans leur complexion soient un fidele reflet de la nature, mais plutôt qu'il émane du corps dans son entier l'impresion d'une unité organique.

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FIGURE 4 : L’APOLLON STRANGFORD

La période de transition située entre les années 500 et 470 (période « sévère ») est le moment le plus représentatif de la maîtrise de l’anatomie dans la sculpture grecque. Ce sont les années où fleurissent les oeuvres de Miron, de Polignoto et de Kalamis, alors que Policlète et Fidias se forment encore. Le naturalisme, qui avait envahi la culture grecque suite à la réflexion des pré-socratiens, devient petit à petit plus idéalisé et stylisé. Le corps humain est alors conçu architecturalement comme un bâtiment dont les différentes parties doivent être montrées avec la plus grande clarté. Cette considération « unitaire » est le résultat de la recherche de la symétrie, qui établit des relations de proportion et d’harmonie de chaque partie du corps avec sa partie contiguë et de toutes ces parties avec l’ensemble.

On peut prendre comme illustration l’œuvre de Miron. D’un côté on trouve le Discobole : un corps éduqué par la discipline et l’entraînement rigoureux dans le palastre ou champ de sport. D’un autre le Marsias du Musée Latérane, trouvé dans l’Acropole d’Athènes, représentant le moment où Marsias hésite avant de ramasser les cannes.

Son modelé anatomique est parfait et fidèle à la nature : les pectoraux ne sont plus des superficies plates, mais de vrais muscles rattachés au bras par le volume des deltoïdes ; le thorax n’est pas simplement superposé à l’abdomen mais intimement relié à lui par le muscle droit intérieur, entrelacé avec les dentelés ; au niveau de la jambe gauche, les vastes intérieur et extérieur se distinguent du droit, fruit d’une observation qui n’existait pas encore du moment du Discobole.

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FIGURE 5 : LE MARSIAS DE MIRON ( Musée Latérane )

A la fin de cette période, la compréhension de l’anatomie atteint un degré de perfection presque inégalable et le corps humain devient le seul objet de l’inspiration artistique.

La seule raison pour laquelle on ne considère pas ces oeuvres comme classiques est l’absence d’expression des visages. Un peu comme s’ils étaient séparés du corps ou placés en second lieu par rapport à celui-ci. C’est par cet aspect-là que l’œuvre de Fidias ou celle de Policlète, ainsi que le classicisme deviennent novatrices, car elles poursuivent l’évolution commencée auparavant : le corps et le visage en viennent à former un tout et permettent même l’expression des sentiments humains, tels que la dignité. On tend vers une compréhension intime et absolue du corps humain, dans toute son unité.

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 FIGURE 6 : L’ÉPHÈBE DE MARATON. ANONYME

LE CORPS FACE AU MIROIR DE SON ÉDUCATION

Henry Marrou, dans son Histoire de l’éducation dans l’Antiquité (1971, Akal 1985), définissait la période comprise entre l’Archaïsme et le Classicisme comme "le passage du noble guerrier au scribe".

L’éducation, à l’origine, était en effet étroitement liée à l’aristocratie guerrière : on devait y apprendre le maniement des armes, le sport, les jeux chevaleresques, mais aussi les arts liés à la Musique (le chant, la lyre, la danse) ; on apprenait aussi à devenir un bon orateur, à maîtriser les usages du monde et à manier la prudence à bon escient. Cette éducation est, du moins, celle qu’on peut déduire de l’étude des textes homériques.

Mais au VII siècle avant notre ère se produit une transformation radicale dans la culture Grecque : l’apparition de l’hoplite. La stratégie du combat ou de la bataille ne dépend plus d’intérêts particuliers, menant à des luttes entre nobles, comme on le trouve dans l’Iliade : elle s’élabore maintenant par des tactiques d’infanterie et dont les fantassins sont les protagonistes.

Une telle évolution tactique a eu des conséquences d’ordre social et moral : la collectivité citoyenne de la polis se substitue au chevalier héroïque et, par voie de conséquence, l’idéal du héros se trouve remplacé par celui d’une vie consacrée au service de cette collectivité citoyenne, qui, dorénavant, sera le cadre de vie de ses membres. Résultat de cette transformation démocratique : on voit naître une nouvelle morale et un nouveau projet de formation : la arété (vertu) intimement liée au bien commun.

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FIGURE 7: LA FORMATION DE L’HOPLITE. PEINTURE SUR CÉRAMIQUE

Ce qui caractérise l’hoplite citoyen - qui doit être prêt à défendre la ville à n’importe quel moment - est sa supériorité et sa force physique, ainsi que son agilité corporelle. Selon les explications du Socrate de Jenophon, la seule préparation efficace pour le combat est la pratique de l’athlétisme, et plus généralement de la gymnastique comme élément de démocratisation de l’éducation physique. L’adoption d’un mode de vie civil place l’idéal olympique au plan de la compétition sportive - comme le montre d’ailleurs toute la poésie de Pyndare.

Pour pouvoir assurer ce nouveau genre d’éducation, qui intéresse un plus grand nombre de jeunes, l’enseignement personnalisé ne suffit plus. Il devient alors indispensable de se former de manière collective, ce qui va promouvoir la naissance de l’institution scolaire.

L’éducation physique est privilégiée dans ce genre d’éducation. Il s’agit de préparer les jeunes afin qu’ils participent aux épreuves athlétiques suivant un règlement donné : vitesse, lancement de disque et de javelot, saut en longueur, lutte et boxe. Tout un art complexe et délicat qui demande les leçons d’un entraîneur compétent : le païdotribe ou entraîneur de jeunes, qui donne ses enseignements dans le champ de sport.

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FIGURE 8 : CHAMP DE SPORTS OU PALESTRA

Ce type d’enseignement devient institutionnel dans le dernier tiers du VII siècle avant notre ère, car c’est à ce moment-là (lors des jeux Olympiques du 632) qu’on crée les jeux Panhéléniques.

On ajoute au sport l’étude des Arts liés à la musique (la lyre, la danse et le chant) comme instrument de formation spirituelle et artistique. L’eurythmie et l’harmonie favorisent l’autocontrôle. A cela s’ajoutent l’étude de la grammaire, de la lecture ainsi que de l’art oratoire afin de savoir réciter les grands poètes.

L’idéal du kalos kai agathos dans cette période est donc le sportif, qui partage avec les dieux la statuaire Grecque. Le sport met en relief une valeur très appréciée chez les Grecs : la beauté physique. Le culte du corps est conçu comme un moyen d’expression et d’épanouissement de la personnalité. Même Platon, cité par Socrate dans son dialogue Carmide, prononce la phrase suivante: "S’il voulait enlever ses vêtements, il te semblerait un être sans visage, tellement absolue est sa beauté!" ...beauté sans visage comme celle du Discobole.

Cette prédominance du corps prévaut jusqu’à l’avènement de la sophistique, vers la moitié du Vième siècle. Jusqu’alors Athènes ne connaissait que des entraîneurs sportifs, des chefs d’ateliers, ou d’humbles maîtres d’école. Les Sophistes offrent, en revanche, une formation intellectuelle et un savoir qui englobent toutes les spécialités (la polymatie). Ils sont les premiers à reconnaître la valeur pédagogique des plans d’études des communautés Pythagoriques (les seules à en avoir), forme qui sera adoptée plus tard par le quadrivium médiéval : arithmétique, géométrie, astronomie et musique.

L’innovation de leur proposition consiste à accorder la priorité à la formation intellectuelle par rapport à celle du corps. A partir de ce moment-là, le sport devient davantage professionnel, et se met à recruter dans le milieu rural.

Platon, Aristote et Isocrate ont un rôle décisif dans ce sens, dirigeant l’éducation vers la philosophie et l’oratoire qui prennent alors une importance particulière dans le monde Antique. La gymnastique se modernise à son tour, introduisant, à travers la sophistique d’Hippocrate, un nouveau mode de vie basé sur la maîtrise absolue de l’hygiène, de la diététique et de l’alimentation.

Il ne faut pas oublier que les sophistes jouent un rôle important dans la formation en ce qui concerne la popularisation de la médecine. Le Corpus Hippocraticum rassemble, mis à part les traités techniques, ce qu’on appelle les iatrophysiques, dont le but est de faire connaître à la majorité de la population les avances de la médecine. C’est un facteur décisif pour une médecine basée sur des fondements plutôt préventifs que guérisseurs : l’individu doit apprendre, par soi même ou aidé par le gymnaste, les principes élémentaires des soins du corps, de sa santé et de son équilibre. C’est un virage radical : le soin corporel ne vise plus à la préparation de la bataille, il vise à la santé.

 LE CORPS FACE AU MIROIR DE LA REFLEXION

Bien qu’on ait des preuves de l’existence d’écoles de médecine depuis le VI siècle dans quelques villes telles que Crotonne ou Cirène (avant les écoles classiques de Cos et Cnide), il faut attendre le Corps Hippocratique (Vème et IVéme siécle avant notre ére) pour trouver un art ou technique du corps relativement élaboré (la tecné).

A partir de ce moment-là, le corps devient un objet scientifique. Son traitement cesse d’être médiatisé par une présence magique, poétique ou esthétique, pour être regardé sous la lumière de la raison (le nouveau miroir réfléchissant). L’image que ce reflet renvoie à l’homme n’est plus un corps mais un organisme. Cette nouvelle image est évidemment le point culminant d’un processus de désacralisation et de rationalisation qui se poursuit en parallèle à celui de la physis. La nature dans son ensemble est physicité et la nature humaine est la physis anthropoi : ce qui fait partie de la nature universelle et qui se concrétise sous forme humaine.

Que voit-on apparaître quand le corps devient l’objet de la réflexion scientifique?

Quelle est sa représentation primitive ? Attirons simplement l’attention sur quelques points fondamentaux.

1. "Anthropos mikros Kosmos", nous dit Démocrite : l’homme est un microcosme. L’organisme humain est partie et reflet du macrocosme. La physis de chaque être en particulier est une manifestation de la nature dans son ensemble : de cette nature universelle, principe et fondement de toute réalité. La nature s’organise en Cosmos dont l’élément essentiel est le mouvement (kinesis) dans une de ses modalités : la génération et la destruction. Les physiologoi présocratiens pensent que la connaissance de cette partie du Cosmos appelée physis anthropoi suppose d’avoir une idée de sa genèse (arjé), intégrée au sein d’une réalité plus universelle qui constitue la cosmo-génèse.

De la même manière que les formes animales, la forme humaine serait le résultat de la con-figuration d’éléments cosmiques préexistants, qui se mettraient en mouvement et se combineraient entre eux selon un processus constant et nécessaire de mélange et de séparation de formes, d’assemblage et de dissolution, de vie et de mort. Pour cette raison, tout ce qui se passe dans le Cosmos sert à comprendre ce qui a lieu dans l’organisme humain. Toute médecine est météorologique (où on entend météorologie comme savoir des choses célestes).

L’organisme est divisé en parties ; l’étude de ces parties est connue sous le nom d’anatomie (anatomie signifiant ici incision ou dissection). Ces parties se classent en membres et organes, et peuvent être principales – comme le cœur, les poumons et ou le cerveau – ou secondaires. Chaque partie a une physis propre selon sa fonction.

Une des caractéristiques essentielles de la physis est sa condition fondamentalement unitaire. Mais elle vise dans le même temps à concilier l’unité à la diversité : la physis universelle se concrétise dans le cosmos sous la forme de réalités élémentaires (des éléments – ou stoikheion, des racines  des choses, des homéomères, des atomes, etc.) qui constituent, qui font partie sous des formes multiples des choses que nos yeux observent.

Les éléments originels de l’unité cosmologique sont : l’eau, la terre, l’air et le feu, ou bien encore l’humide, le sec, le froid et le chaud. Ces quatre éléments, à la base de toute chose existante, atteignent, dans le corps humain, la catégorie d’humeurs. Le terme exact utilisé par les hippocratiques est khymos, mais son usage est variable selon les différents écrits. On retrouve néammoins deux traits constants concernant l’humeur :

  • il s’agit d’un mélange, en proportions variables, des quatre éléments déjà mentionnés
  • ce mélange se retrouve autant à l’état liquide qu’à l’état solide dans l’organisme.

Les humeurs sont donc au nombre de quatre :

  • le sang, chaud et humide.
  • la pituite, froide et humide.
  • la bile jaune, chaude et sèche.
  • la bile noire, froide et sèche.

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FIGURE 8 : DIAGRAMME DES QUATRE ÉLÈMENTS ET LES HUMEURS

Les différentes proportions de ces humeurs sont à l’origine des différences de race, sexe et tempérament. Galène établira plus tard une célèbre théorie sur l’influence de telle humeur ou telle autre sur la constitution des tempéraments ( Où les habits de l’âme sont la conséquence de la complexion humorale du corps ). Cette théorie deviendra un modèle, au moins jusqu’à la Renaissance. L’équilibre entre les différentes humeurs est un facteur décisif de santé et leur déséquilibre entraîne la maladie et éventuellement la mort.

 Celle-ci est pourtant considérée comme un besoin pour tout ce qui respire dans le Cosmos. Dans le traité hippocratique Sur la nature humaine on peut lire : "quand le corps humain arrive à sa fin, l’humide va vers l’humide, le sec vers le sec, le chaud vers le chaud et le froid vers le froid". Le processus physiologique de la mort consiste en la dissolution du corps dans ses éléments et au retour de ceux-ci vers le Cosmos.

La mort et la vie sont deux modalités, opposées seulement en apparence, de l’universel flux de la physis : "naître et mourir c’est la même chose", précise l’auteur hippocratique du traité Sur la diète.

Deux facteurs contribuent aussi au maintien de l’unité harmonieuse et équilibrée entre les différentes parties de la physis humaine:

  • le premier, simple et congénital : la chaleur implantée
  • un autre, complexe et externe : la nourriture, constituée de :
    1. une composante aérienne ou pneumatique,
    2. une composante liquide,
    3. une composante solide,

La chaleur implantée ou congénitale réside dans le ventricule gauche du coeur et donne lieu au principe vital par lequel la physis humaine réalise sa vie. Concernant la nourriture, le pneume a une importance particulière. On l’appelle air quand il est à l’extérieur du corps et flatuosité quand il est à l’intérieur.

Il accomplit quatre fonctions : il nourrit, il donne l’élan, il rafraîchit, et il vivifie. Il pénètre dans l’organisme par la bouche et le nez, pour aller, au travers d’un système de canaux situés entre les mâchoires et le cerveau vers l’encéphale, où il dépose son principe actif pour raviver l’intelligence. Il descend ensuite dans le corps par deux voies : par l’oesophage vers le ventre et par la trachée vers les poumons et le coeur. Ce faisant, il les réfrigère.

Dans un organisme sain tout est soumis à la règle de la stricte proportion (metron). De là l’importance d’une alimentation proportionnée en quantité et qualité, selon l’âge, la saison de l’année, et le type de travail. La destination finale de toute alimentation est sa décomposition en humeurs, à travers un processus nommé diakrisis.

L’air et l’alimentation sont les deux moyens par lesquels le monde environnant pénètre dans l’organisme. Ces deux moyens sont donc à l’origine autant de la bonne santé que de la maladie.

2. Allopathie (ou médecine allopathique)

Un des textes les plus retentissants dans la culture grecque nous vient d’Anaximandre et dit ainsi : Dès lors qu’existe une origine des choses, existe aussi leur destruction, conditionnées toutes deux par les nécessités et les avances du temps.

Cet épigramme sur l’universelle application de la physis se prolonge dans la conception hippocratique qui considère la santé comme un "juste ordre" (la physis accomplit ce qu’elle doit accomplir de manière juste et pertinente), et la maladie comme une altération morbide du bon équilibre des élèments qui l’intègrent. Acméon de Crotone a reformulé ce concept comme le "juste équilibre" (isonomie) entre les élèments et les humeurs qui conforment chaque nature : le chaud et le froid, l’humide et le sec, le sucré et l’amer, etc. Etre sain est un état de bonnes proportions, nommé eukrasie ou "bon mélange".

Un tel équilibre physiologique exige que les différentes dynameis soient bien tempérées entre elles, de façon à ce qu’aucune ne domine l’autre. Le régime de vie en est une condition nécessaire.

3. Régime de vie

Les hippocratiques entendent par régime de vie l’ensemble des habitudes corporelles qui président à l’activité humaine. Elle a très probablement son origine dans une invention pythagorique de laquelle se sont dégagés par la suite des éléments religieux et ascétiques, avant de se diffuser en tant que "diététique" dans la Grèce du Vème siècle avant notre ère.

La diète intègre cinq composantes principales :

  1. l’alimentation.
  2. les exercices (la gymnastique, les promenades, le repos et les bains).
  3. l’activité professionnelle.
  4. les particularités du pays (la géographie, le climat).
  5. les moeurs de la Cité.

Ces composantes sont aussi déterminées par l’âge, le sexe, les habitudes particulières à chaque individu et la complexion de son corps.

La diététique ne vise pas tant la guérison du malade que la préservation de sa santé et l’amélioration de sa condition naturelle. Elle est devenue pour cette raison le sujet principal des traités iatrophysiques et de la divulgation sophistique à travers la population.

4. Les organes et la circulation.

On abordera ici la structure basique, élaborée par Galène (II siècle), beaucoup plus systématique et achevée que celle du Corpus Hipocraticum, et par conséquent, beaucoup plus didactique. Ce médecin romain part des bases posées par la médecine hippocratique pour les développer en trois grands principes :

- A l’origine résident les quatre éléments cosmologiques (l’eau, l’air, la terre et le feu) ainsi que les quatre humeurs ou substances élémentaires dont le mélange donne lieu aux processus organiques. Les humeurs ont leur origine directe dans les aliments, transformés par l’appareil digestif.

Le mélange varié des aliments aide l’organisme à constituer :

  1. les différents liquides organiques, dans lesquels un des éléments prédomine souvent sur les autres.
  2. des parties dites similaires, à savoir la fibre musculaire, la chair, la graisse, l’os, le cartilage, les ligaments, les nerfs et la moelle osseuse. Chaque partie a des propriétés physiques (chaleur, humidité, consistence, etc.) qui découlent de sa complexion humorale propre et accomplit la fonction de l’organe ou de la région organique à laquelle elle appartient.

- Les organes vivent et agissent, soutenus par le plus basique et dynamique des principes constitutifs de l’organisme animal : la chaleur innée ou native. Celle-ci a son siège central dans le coeur et est l’agent primaire des transformations substantielles qui jalonnent le processus vital. La chaleur se propage, par l’intermédiaire du sang, dans tout le corps et le maintient vivant. La réfrigération procurée par l’air inspiré maintient l’intensité de cette chaleur.

 - Le pneume, soufle ou haleine (terme que les galénistes latins on traduit par spiritus) est un concept traditionnel de la physiologie grecque, au point de constituer une spécialité : la pneumatologie. Mais le pneume n’est pas imatériel : il est une matière extrêmement subtile, capable de se déplacer rapidement à travers les nerfs et les parois artérielles.

En parallèle de ces trois principes (humeurs, chaleur innée et pneume), il faut noter l’importance de deux organes fondamentaux :

  • le foie ou centre de la dynamique physique, chargé des fontions végétatives.
  • le coeur, siège de la dynamique vitale qui a comme fontion la préservation de la vie.

Les fonctions végétatives comprennent la transformation de la nourriture en substances propres à chaque organe. Ce processus est réalisé au cours de trois phases : la première a lieu dans le tube digestif, la seconde dans le foie et la troisième dans la partie anatomique où la nourriture est assimilée.

Au cours de chacune de ces phases, la digestion ou cuisson (pepsis) comprend trois opérations successives:

  • la transformation de la partie utile de l’aliment en substance nutritive.
  • l’extraction et l’accumulation de la partie inutile de l’aliment.
  • l’expulsion de cette dernière

L’estomac reçoit le bol alimentaire, et le soumet à une première digestion, en commençant sa conversion en chyle puis l’envoie, à travers le pylore, vers le duodénum.

C’est dans l’intestin grêle (jéjunum et iléum) que la chylification se complète et le chyle se divise alors en deux sortes de déchets :

    - l’aqueux, que les reins réceptionnent par l’intermédiaire des veines qui les unissent au tube digestif.

- le fécal, expulsé par l’intestin, caecum et côlon.

Le foie est conçu comme le lieu de transformation du chyle en sang, processus par lequel se termine la première digestion. Au cours de ce processus-là sont aussi extraits l’eau et la bile jaune.

Le sang épais et foncé formé dans le foie est l’objet d’une première épuration par la râte, qui est spécifiquement destinée à la formation de la bile noire à partir des substances féculentes et terriennes qui restent encore dans le sang élaboré par le foie. La bile noire est évacuée par la râte et partiellement éliminée par le tube digestif.

Une fois épuré, le sang veineux part du foie dans deux directions:

- vers le côté droit du coeur, par les veines sus-hépathiques.

- vers le reste du corps, par un hypothétique système veineux.

La deuxième digestion a alors lieu avec la conversion du sang veineux en sang artériel, grâce à l’action du coeur et des poumons qui sont les organes centraux de la puissance vitale.

Le coeur (kardias), principe et siège central de la chaleur innée et de l’esprit vital, a une fontion principale : transformer le sang veineux en sang artériel, c’est à dire lui enlever les matières inutiles et lui donner l’esprit vital, avant de le distribuer dans tout le corps, à travers les artères. Le coeur est un corps non musculaire, sans nerfs, comprenant deux ventricules : le ventricule gauche dit pneumatique et le droit dit sanguin. Il comprend aussi deux auricules, et des orifices veineux et artériels ayant chacun une fonction.

Le ventricule droit communique avec le gauche par un système de canaux qui traversent la paroi interventriculaire.

Dans son activité diastolique, le coeur droit pompe le sang hépathique qui arrive par la veine cave ; le coeur gauche aspire, lui, l’air que la respiration a emmené jusqu’aux poumons et aussi la plupart du sang contenu dans le ventricule droit.

Dans son activité systolique, le ventricule droit envoie le sang veineux aux poumons pour les nourrir et au ventricule gauche à travers les pores du septe interventriculaire. Là, le sang veineux se pneumatise - grâce à la chaleur innée, l’air inspiré devient esprit vital-.

Une fois transformé en sang artériel, il est envoyé dans tout le corps à travers l’aorte, sous l’impulsion de la systolle ventriculaire. Pour cette raison, on appelle conduit artériel celui qui emmène le sang au poumon et conduit veineux celui qui amène l’air du poumon au coeur gauche.

Mais la systole du ventricule gauche ne fait pas qu’envoyer le sang artériel vers le reste du corps : elle envoie dans le même temps vers les poumons les faibles résidus (fumée ou suie) qui découlent de la transformation du sang veineux en sang artériel pour être expulsés vers l’extérieur. Par conséquent, l’artère veineuse ne contient jamais de sang au moment de la respiration, elle conduit les suies vers l’extérieur.

Il existe donc deux systèmes vasculaires:

  • un système veineux ayant le foie comme centre principal.
  • un système artériel, provenant du coeur.

Le sang circule de forme centrifuge dans les deux systèmes avant d’être consommé comme un aliment dans les parties périphériques.

Les veines ne battent pas : le sang se déplace à l’intérieur, simplement "attiré" par les organes qu’il doit alimenter.

Par contre, les artères battent selon le mécanisme du pouls :

a. les artères contiennent du sang en permanence

b. les parois artérielles bougent activement, car elles possèdent par elles mêmes une capacité de contraction

c. cette capacité est entretenue par l’action stimulante du pneume vital, que le coeur envoie tout le long des parois artérielles.

Les poumons possèdent deux lobes du côté gauche du corps et trois dans le côté droit qui servent à :

    1. protéger le coeur qui reste enveloppé par les lobes pulmonaires (un peu comme par les doigts d’une main).
    2. fournir l’air que le ventricule gauche transforme en esprit vital.
    3. contribuer à la formation de la chaleur innée, la conserver et la tempérer.

La troisième digestion ou assimilation dans les parties périphériques consiste en la transformation du sang en substances propres à chacune d’entre elles. Dans ces parties arrivent deux sortes de sang:

  • le plus pur et pneumatisé provenant des artères
  • le moins pur et non pneumatisé qui arrive par les veines.

Il est donc nécessaire que les deux types de sang se mélangent avant l’assimilation, de façon à ce que le sang veineux devienne artériel. Ce sang résultant de la transformation devient parénkhyma, propre à chaque partie. Cette fonction appartient à la troisième digestion et génère des résidus tels que la sueur, le suif cutané, les poils et les ongles.

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FIGURE 9 : SCHÉMA DU SYSTÈME CIRCULATOIRE DU SANG

Les organes des cavités abdominale et thoracique permettent à l’environnement extérieur d’entrer sous la forme d’aliment et d’air, aidant à conserver la vie ; l’union dynamique environnement-organisme se produit dans le sens du premier vers le deuxième.

Cette union se produit par contre dans le sens inverse - depuis l’organe vers l’environnement - au niveau de l’encéphale situé dans la boîte crânienne et des mécanismes le reliant au reste du corps par l’intermédiaire de la moelle et des nerfs.

D’après Galène, le cerveau a deux fonctions :

    • produire le pneume psykhikon, et donc être à la base du principe de la vie, de la sensibilité, de l’automotion.
    • contribuer à l’équilibre humoral et à la thermo-régulation de l’organisme.

Le cerveau est à l’origine de la sensation et du mouvement, grâce au pneume, qui transite par la moelle et les nerfs pour transmettre la sensibilité et le mouvement aux parties du corps qui en sont capables. Galène décrit le cerveau et ses parties principales et conçoit la moelle épinière comme une prolongation du cerveau. Les nerfs sont de plusieurs types : mous ou sensitifs, durs ou moteurs ou bien de condition intermédiaire. Les ganglions sont le lieu où l’activité nerveuse s’intensifie.

Les viscères abdominales et thoraciques conservent la vie ; le cerveau et les nerfs nous permettent de percevoir le monde et d’agir sur lui, au travers des différentes parties du corps : l’homme, selon Galène est un homo faber capable de transformer la vie biologique en activité sociale et créatrice.

L’art, l’éducation, la médecine sont donc les premiers "miroirs" au travers desquels la culture grecque accorde progressivement au corps humain une conscience et une identité. Et même si, après les Grecs, on a pu affiner, améliorer cette connaissance, ce modèle de relation au corps perdure aujourd’hui presque traits pour traits.

ACTIVITES DIDACTIQUES

1. Les premiers textes qui font allusion explicite au corps dans la culture grecque, sont les poèmes lyriques. Commentez le sens et le sentiment du corps qui découle des textes suivants :

La naissance des hommes ressemble à celle des feuilles

Le vent les disperse sur le sol les unes après les autres

Et le bois verdoyant les fait naître quand survient le printemps.

Il en est de même pour l’homme :

Une génération naît à l’instant où une autre apparaît

    Ces vers d’Homère ont été la source d’inspiration pour tous les grands poètes lyriques.

    Ainsi s’exprime Simonide d’Amorgos (vers 630 av. J.C.) :

    Peu de mortels, en effet, peuvent entendre ce vers et l’accueillir dans leur sein

    Chacun garde l’espoir qu’il pourrait s’enraciner dans le coeur des jeunes :

    Tant qu’il possède la chère fleur de la jeunesse,

    Le mortel garde l’esprit léger et l’occupe à des folies

    Car il ne soupçonne pas qu’il va vieillir et mourir

    Ni ne tient compte de la fatigue tant qu’il est en bonne santé.

    Sot est celui qui continue à penser de la sorte

    Car il ignore combien est court le temps de la jeunesse

    Et l’existence des hommes.

    Mais toi, saisis ce conseil et, jusqu’à la fin de tes jours,

    Ose jouir des biens que la vie t’offre

    Minerme de Colophon (vers 630 av. J.C.)

    Telles des feuilles qui naissent de la saison fleurie du printemps,

    A peine épanouies aux rayons de soleil

    Nous jouissons pour un court moment des fleurs de la jeunesse

    Sans connaître des Dieux ni le bien ni le mal.

    Mais à leurs côtés apparaissent les Keres obscures

    L’une sous le manteau de la funeste vieillesse

    L’autre sous celui de la mort.

    Seulement un instant dure le fruit de la jeunesse

    Le temps que met le soleil à se répandre sur la terre.

    A peine passé ce moment de la vie

    Mieux vaut être mort que vivant.

    Théognis de Mégare (vers 530 avant notre ère)

    De toutes les choses, la meilleure serait de ne pas être né

    Pour ne pas voir, tel un mortel, les fugaces rayons du soleil

    Et, une fois né, devoir traverser le plus vite possible les portes de l’Hadès

    Et rester étendu sous l’épaisse couche de terre.

    Anacréon de Theos (vers 530 av. J.C.)

    Grises sont mes tempes

    Et blanche ma chevelure.

    La grâce de la jeunesse s’en est allée

    Et mes dents sont vieilles

    Il ne me reste que peu de la douceur de vivre.

    C’est pourquoi je sanglote souvent

    Car je crains le Tartare

    Car l’abîme de l’Hadès est plein d’épouvantes

    Et amer le chemin qui y mène...

    Simonide de Kéos (entre 556 et 467 av. J.C.)

    Bien faible est le pouvoir des humains

    Vains sont leurs desseins, leurs soucis.

    Dans cette courte vie les peines se succèdent

    Et, inéluctable, la mort attend toujours

    Pyndare de Thèbes ( 522-448 av. J.C.)

    Etres d’un jour ! Que sommes nous ?

    Que ne sommes-nous pas ?

    L’homme est le rêve d’une ombre (Pitique VIII )

    On attribue à Platon lui-même cet épigramme :

    Tout emporte la vie.

    Le temps dans sa durée parvient à altérer

    Et le nom et la forme,

    Et l’être et le destin.

2. Etudiez les figures peintes sur la céramique grecque et analysez les différents types de kuroi selon ce qui est exposé dans le texte.

3. Etudiez les traits caractéristiques des sculptures de Miron, Fidias et Policlète et cherchez où résident leurs différences fondamentales.

4. Pour avoir une idée du genre de combat existant avant l’apparition des hoplites, lisez le cinquième chant de l’Illyade d’Homère et décrivez une bataille.

5. Dans le texte il est fait allusion aux polis ou villes-états grecques : faites une rédaction sur ce sujet avec leurs traits caractéristiques.

6. Faites une recherche sur les anciens Jeux Olympiques, comparés aux actuels. Qui a relancé ces derniers et quand?

7. Approfondissez la connaissance et les idées du mouvement Sophiste.

8. Faites une recherche sur ce que c’était l’Accadémie de Platon.

9. La notion du corps comme microcosme n’appartient pas seulement à l’antiquité, elle était courante pendant la Renaissance. Consultez les représentations plastiques que l’on trouve autour de ce concept dans l’art de la Renaissance.

10. Étudiez le rôle que jouent les quatre élèments matériels dans la pensée présocratienne grecque.

11. Étudiez la relation entre les humeurs et l’influence des astres selon l’astrologie.

12. Exprimez votre idée sur la relation entre la santé du corps et le milieu (environnement) dans lequel il se trouve. Comparez les propositions de la médecine hippocratique sur le régime de vie et les nôtres.

13. L´idée de la circulation du sang qu’avaient les Grecs est, évidemment, erronée. Pourquoi ? Quel est la vision correcte de ce sujet ? Qui l’a découverte ?

14. Réalisez un shéma comparatif du rôle de l’appareil digestif, du foie et des reins dans la médecine ancienne et dans la médecine actuelle.

BIBLIOGRAPHIE BASIQUE

- Alsina, J.- Los orígenes helenísticos de la medicina occidental. Madrid, ed. Labor, 1982

- Blanco Freijeiro, A- Arte Griego. Madrid, ed. C.S.I.C, 1990

- Boardman, Jhon.- El arte griego. Madrid, ed. Destino, 1991.

- Joly, .-Hippocrate. Médecine Grecque.París, ed. Gallimard, 1964

- Laín, P.-La medicina hipocrática. Madrid, ed.Alianza,1987

- Marrou, H.- Historia de la educación en la Antigüedad. Madrid, ed. Akal, 1985

- Planeta (ed.).-Historia Universal del Arte, vol. II La antigüedad clásica. Barcelona, 1986.

- Roberts, M.- El arte griego.Madrid, ed. Alianza Forma, 1983

- Snell, B.-Las fuentes del pensamiento europeo.Madrid, ed. Razón y Fe, 1965

- Tratados Hipocráticos, vols I a VII. Introducción a cargo de C. García Gual. Madrid, ed. Gredos. 1983-93.

JOSÉ LUIS PRIETO PÉREZ

FONDATION CANARIENNE OROTAVA D’HISTOIRE DE LA SCIENCE

TRADUCTION: MariLuz Sutil


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