REFLEXIONS
DU CORPS FACE AU MIROIR
RÉSUMÉ
Cette
présentation se propose de développer la thématique suivante :
lorigine et lévolution de la conception du corps,
dans son sens et son organisation, au sein de la culture grecque
Ancienne.
Nous
envisagerons cette étude du point de vue de la multidisciplinarité,
et suivrons pour cela lévolution de cette conception dans
les domaines des arts plastiques, de léducation et de la
médecine.
Premier
"reflet" possible du sujet : laspect plastique,
que nous étudierons à travers les différentes représentations
du corps humain en peinture sur céramique et sculpture depuis
lépoque archaïque jusquà la période classique.
Nous
aborderons ensuite le sujet sous langle de léducation
dans la Grèce ancienne, où le corps revêt une importance particulière,
jusquà larrivée des Sophistes qui préconisent, eux,
une formation intellectuelle.
Cest
dans le domaine de la médecine que lon retrouvera enfin
limage du corps la plus achevée : tel un reflet de la raison,
celle du corpus hippocraticum.
INTRODUCTION
On
est encore loin de considérer lhistoire de la science comme
une discipline académique. Pour la définir, il faudrait, dans
un souci de méthodologie, répondre au préalable à des interrogations
bien concrètes : doit-on parler dhistoire de la science
ou bien dhistoire des sciences ? Dhistoire vue de
lintérieur ou de lextérieur ?.
Mais
ce nest pas ici notre propos : il sagira plutôt pour
nous daborder la question de lenseignement de lhistoire
de la science, ou des sciences. Nous lenvisagerons
du point de vue de linterdisciplinarité quil nous
semble impliquer, et ceci en ce qui concerne lenseignement
secondaire (linterdisciplinarité dans lenseignement
supérieur devant être abordé avec dautres critères dévaluation)
.
On
comprend que cette vision interdisciplinaire de lenseignement
conduise à une approche plus "horizontale" de la transmission
du savoir, où la mise en relation des différentes connaissances
au travers de schémas généraux primerait sur une approche "verticale",
transmission dun ensemble de données érudites visant à lexhaustivité.
Nous illustrerons ce propos par létude dun noyau thématique
aux facettes multiples : celui de la conception du corps dans
la culture grecque antique, de la période archaïque au classicisme.
Ce
thème se trouve significativement placé à la confluence de divers
savoirs, langages, représentations et acceptions que lon
observera comme autant de "reflets" dun même noyau
de sens.
Nous
fixerons les limites temporelles de cette étude entre les expressions
plastiques primaires et la médecine hippocratique (du VIIème au
IVéme) même sil nous faudra aussi parler, afin déclaircir
certains points, du Galénisme.
LE
CORPS FACE AU MIROIR DES ARTS PLASTIQUES
On
a souvent dit que la culture Grecque était somato-centrique, ce
qui n est pas tout à fait précis. Le traitement quelle
accorde au corps du moins dans la période
Archaïque
- nest pas purement physique : il est fondé sur des valeurs
tels que la vitalité, la beauté ou le pouvoir. Le corps est lemblème
de ce que lhomme vaut. Lattribut de la noblesse, le
kalós kai agathós se manifeste dans la plastique à travers
la jeunesse, la vigueur, la grâce, la taille, la largeur des épaules,
la vitesse des jambes, la force des bras, la fraîcheur de la chair.....
La
figure de lhomme "géométrique", caractéristique
de la céramique archaïque , est simple et schématique. Elle représente
la conception homérique du corps, construit par laddition
de ses différentes parties. Les artistes montrent un corps articulé
: on y distingue parfaitement les différents membres, où les
articulations se remarquent par des traits très fins, alors que
les muscles sont mis en valeur de manière plus exagérée. La tête
est un point pourvu dun apendice qui indique le nez ou la
barbe ; le torse est un triangle dont le sommet est la taille
et les extrémités des formes longilignes. Le corps est une silhouette.
FIGURES
1 ET 2 : REPRÉSENTATIONS DU CORPS DANS LA CÉRAMIQUE DE LA PÉRIODE
ARCHAÏQUE
La
sculpture primaire (kuroi) est du même genre : corps élancé
et anguleux, torse triangulaire et position rigide. Les bras apparaissent
habituellement collés aux côtés et les jambes sont jointes. Les
yeux senfoncent dans leurs orbites. La chevelure est figurée
par une pâte compacte sillonnée de lignes géométriques qui tombent
dans le dos.
Dans
une première phase, le modelage ne joue pas un rôle très important.
Les sculpteurs se limitent alors à tracer des sortes de sillons
aux endroits où le corps présente des reliefs : le creux séparant
les poumons de labdomen, les parois fibreuses du muscle
droit, ou les plis qui séparent le ventre des cuisses.
Le
genou est représenté par un triangle inversé (la rotule) qui continue
jusquà la cuisse le long de deux sillons comme une sorte
de représentation des vastes interne et externe.

FIGURE
3 : KUROS
Cest
grâce à lathlétisme que lartiste grec parvient à maîtriser
petit à petit lanatomie et le sens plastique du mouvement.
LApollon Strangford (vers lan 500 avant J.C.)
montre ainsi la fin de larchaïsme et lévolution vers
une compréhension plus profonde des formes corporelles. Il ne
ságit pas seulement que les membres dans leur complexion soient
un fidele reflet de la nature, mais plutôt qu'il émane du corps
dans son entier l'impresion d'une unité organique.

FIGURE
4 : LAPOLLON STRANGFORD
La
période de transition située entre les années 500 et 470 (période
« sévère ») est le moment le plus représentatif de la
maîtrise de lanatomie dans la sculpture grecque. Ce sont
les années où fleurissent les oeuvres de Miron, de Polignoto et
de Kalamis, alors que Policlète et Fidias se forment encore. Le
naturalisme, qui avait envahi la culture grecque suite à la réflexion
des pré-socratiens, devient petit à petit plus idéalisé et stylisé.
Le corps humain est alors conçu architecturalement comme un bâtiment
dont les différentes parties doivent être montrées avec la plus
grande clarté. Cette considération « unitaire » est
le résultat de la recherche de la symétrie, qui établit des relations
de proportion et dharmonie de chaque partie du corps avec
sa partie contiguë et de toutes ces parties avec lensemble.
On
peut prendre comme illustration luvre de Miron. Dun
côté on trouve le Discobole : un corps éduqué par la discipline
et lentraînement rigoureux dans le palastre ou champ
de sport. Dun autre le Marsias du Musée Latérane,
trouvé dans lAcropole dAthènes, représentant le moment
où Marsias hésite avant de ramasser les cannes.
Son
modelé anatomique est parfait et fidèle à la nature : les pectoraux
ne sont plus des superficies plates, mais de vrais muscles rattachés
au bras par le volume des deltoïdes ; le thorax nest pas
simplement superposé à labdomen mais intimement relié à
lui par le muscle droit intérieur, entrelacé avec les dentelés
; au niveau de la jambe gauche, les vastes intérieur et extérieur
se distinguent du droit, fruit dune observation qui nexistait
pas encore du moment du Discobole.

FIGURE
5 : LE MARSIAS DE MIRON ( Musée Latérane )
A
la fin de cette période, la compréhension de lanatomie atteint
un degré de perfection presque inégalable et le corps humain devient
le seul objet de linspiration artistique.
La
seule raison pour laquelle on ne considère pas ces oeuvres comme
classiques est labsence dexpression des visages. Un
peu comme sils étaient séparés du corps ou placés en second
lieu par rapport à celui-ci. Cest par cet aspect-là que
luvre de Fidias ou celle de Policlète, ainsi que le
classicisme deviennent novatrices, car elles poursuivent lévolution
commencée auparavant : le corps et le visage en viennent à former
un tout et permettent même lexpression des sentiments humains,
tels que la dignité. On tend vers une compréhension intime et
absolue du corps humain, dans toute son unité.

FIGURE
6 : LÉPHÈBE DE MARATON. ANONYME
LE
CORPS FACE AU MIROIR DE SON ÉDUCATION
Henry
Marrou, dans son Histoire de léducation dans lAntiquité
(1971, Akal 1985), définissait la période comprise entre lArchaïsme
et le Classicisme comme "le passage du noble guerrier
au scribe".
Léducation,
à lorigine, était en effet étroitement liée à laristocratie
guerrière : on devait y apprendre le maniement des armes, le sport,
les jeux chevaleresques, mais aussi les arts liés à la Musique
(le chant, la lyre, la danse) ; on apprenait aussi à devenir un
bon orateur, à maîtriser les usages du monde et à manier la prudence
à bon escient. Cette éducation est, du moins, celle quon
peut déduire de létude des textes homériques.
Mais
au VII siècle avant notre ère se produit une transformation radicale
dans la culture Grecque : lapparition de lhoplite.
La stratégie du combat ou de la bataille ne dépend plus dintérêts
particuliers, menant à des luttes entre nobles, comme on le trouve
dans lIliade : elle sélabore maintenant par des tactiques
dinfanterie et dont les fantassins sont les protagonistes.
Une
telle évolution tactique a eu des conséquences dordre social
et moral : la collectivité citoyenne de la polis se substitue
au chevalier héroïque et, par voie de conséquence, lidéal
du héros se trouve remplacé par celui dune vie consacrée
au service de cette collectivité citoyenne, qui, dorénavant, sera
le cadre de vie de ses membres. Résultat de cette transformation
démocratique : on voit naître une nouvelle morale et un nouveau
projet de formation : la arété (vertu) intimement liée
au bien commun.

FIGURE
7: LA FORMATION DE LHOPLITE. PEINTURE SUR CÉRAMIQUE
Ce
qui caractérise lhoplite citoyen - qui doit être
prêt à défendre la ville à nimporte quel moment - est sa
supériorité et sa force physique, ainsi que son agilité corporelle.
Selon les explications du Socrate de Jenophon, la seule
préparation efficace pour le combat est la pratique de lathlétisme,
et plus généralement de la gymnastique comme élément de démocratisation
de léducation physique. Ladoption dun mode de
vie civil place lidéal olympique au plan de la compétition
sportive - comme le montre dailleurs toute la poésie de
Pyndare.
Pour
pouvoir assurer ce nouveau genre déducation, qui intéresse
un plus grand nombre de jeunes, lenseignement personnalisé
ne suffit plus. Il devient alors indispensable de se former de
manière collective, ce qui va promouvoir la naissance de linstitution
scolaire.
Léducation
physique est privilégiée dans ce genre déducation. Il sagit
de préparer les jeunes afin quils participent aux épreuves
athlétiques suivant un règlement donné : vitesse, lancement de
disque et de javelot, saut en longueur, lutte et boxe. Tout un
art complexe et délicat qui demande les leçons dun entraîneur
compétent : le païdotribe ou entraîneur de jeunes, qui
donne ses enseignements dans le champ de sport.

FIGURE
8 : CHAMP DE SPORTS OU PALESTRA
Ce
type denseignement devient institutionnel dans le dernier
tiers du VII siècle avant notre ère, car cest à ce moment-là
(lors des jeux Olympiques du 632) quon crée les jeux Panhéléniques.
On
ajoute au sport létude des Arts liés à la musique (la lyre,
la danse et le chant) comme instrument de formation spirituelle
et artistique. Leurythmie et lharmonie favorisent
lautocontrôle. A cela sajoutent létude de la
grammaire, de la lecture ainsi que de lart oratoire afin
de savoir réciter les grands poètes.
Lidéal
du kalos kai agathos dans cette période est donc le sportif,
qui partage avec les dieux la statuaire Grecque. Le sport met
en relief une valeur très appréciée chez les Grecs : la beauté
physique. Le culte du corps est conçu comme un moyen dexpression
et dépanouissement de la personnalité. Même Platon, cité
par Socrate dans son dialogue Carmide, prononce la phrase
suivante: "Sil voulait enlever ses vêtements, il
te semblerait un être sans visage, tellement absolue est sa beauté!"
...beauté sans visage comme celle du Discobole.
Cette
prédominance du corps prévaut jusquà lavènement de
la sophistique, vers la moitié du Vième siècle. Jusqualors
Athènes ne connaissait que des entraîneurs sportifs, des chefs
dateliers, ou dhumbles maîtres décole. Les Sophistes
offrent, en revanche, une formation intellectuelle et un savoir
qui englobent toutes les spécialités (la polymatie). Ils
sont les premiers à reconnaître la valeur pédagogique des plans
détudes des communautés Pythagoriques (les seules à en avoir),
forme qui sera adoptée plus tard par le quadrivium médiéval :
arithmétique, géométrie, astronomie et musique.
Linnovation
de leur proposition consiste à accorder la priorité à la formation
intellectuelle par rapport à celle du corps. A partir de ce moment-là,
le sport devient davantage professionnel, et se met à recruter
dans le milieu rural.
Platon,
Aristote et Isocrate ont un rôle décisif dans ce sens, dirigeant
léducation vers la philosophie et loratoire qui prennent
alors une importance particulière dans le monde Antique. La gymnastique
se modernise à son tour, introduisant, à travers la sophistique
dHippocrate, un nouveau mode de vie basé sur la maîtrise
absolue de lhygiène, de la diététique et de lalimentation.
Il
ne faut pas oublier que les sophistes jouent un rôle important
dans la formation en ce qui concerne la popularisation de la médecine.
Le Corpus Hippocraticum rassemble, mis à part les traités
techniques, ce quon appelle les iatrophysiques, dont
le but est de faire connaître à la majorité de la population les
avances de la médecine. Cest un facteur décisif pour une
médecine basée sur des fondements plutôt préventifs que guérisseurs
: lindividu doit apprendre, par soi même ou aidé par le
gymnaste, les principes élémentaires des soins du corps, de sa
santé et de son équilibre. Cest un virage radical : le soin
corporel ne vise plus à la préparation de la bataille, il vise
à la santé.
LE
CORPS FACE AU MIROIR DE LA REFLEXION
Bien
quon ait des preuves de lexistence décoles de
médecine depuis le VI siècle dans quelques villes telles que Crotonne
ou Cirène (avant les écoles classiques de Cos et Cnide), il faut
attendre le Corps Hippocratique (Vème et IVéme siécle avant notre
ére) pour trouver un art ou technique du corps relativement
élaboré (la tecné).
A
partir de ce moment-là, le corps devient un objet scientifique.
Son traitement cesse dêtre médiatisé par une présence magique,
poétique ou esthétique, pour être regardé sous la lumière de la
raison (le nouveau miroir réfléchissant). Limage que ce
reflet renvoie à lhomme nest plus un corps mais un
organisme. Cette nouvelle image est évidemment le point culminant
dun processus de désacralisation et de rationalisation qui
se poursuit en parallèle à celui de la physis. La nature
dans son ensemble est physicité et la nature humaine est
la physis anthropoi : ce qui fait partie de la nature universelle
et qui se concrétise sous forme humaine.
Que
voit-on apparaître quand le corps devient lobjet de la réflexion
scientifique?
Quelle
est sa représentation primitive ? Attirons simplement lattention
sur quelques points fondamentaux.
1.
"Anthropos mikros Kosmos", nous dit
Démocrite : lhomme est un microcosme. Lorganisme
humain est partie et reflet du macrocosme. La physis de
chaque être en particulier est une manifestation de la nature
dans son ensemble : de cette nature universelle, principe et fondement
de toute réalité. La nature sorganise en Cosmos dont lélément
essentiel est le mouvement (kinesis) dans une de ses modalités
: la génération et la destruction. Les physiologoi présocratiens
pensent que la connaissance de cette partie du Cosmos appelée
physis anthropoi suppose davoir une idée de sa genèse
(arjé), intégrée au sein dune réalité plus universelle
qui constitue la cosmo-génèse.
De
la même manière que les formes animales, la forme humaine serait
le résultat de la con-figuration déléments cosmiques préexistants,
qui se mettraient en mouvement et se combineraient entre eux selon
un processus constant et nécessaire de mélange et de séparation
de formes, dassemblage et de dissolution, de vie et de mort.
Pour cette raison, tout ce qui se passe dans le Cosmos sert à
comprendre ce qui a lieu dans lorganisme humain. Toute médecine
est météorologique (où on entend météorologie comme
savoir des choses célestes).
Lorganisme
est divisé en parties ; létude de ces parties est connue
sous le nom danatomie (anatomie signifiant
ici incision ou dissection). Ces parties se classent en membres
et organes, et peuvent être principales comme le cur,
les poumons et ou le cerveau ou secondaires. Chaque partie
a une physis propre selon sa fonction.
Une
des caractéristiques essentielles de la physis est sa condition
fondamentalement unitaire. Mais elle vise dans le même temps à
concilier lunité à la diversité : la physis universelle
se concrétise dans le cosmos sous la forme de réalités élémentaires
(des éléments ou stoikheion, des racines des
choses, des homéomères, des atomes, etc.) qui constituent, qui
font partie sous des formes multiples des choses que nos
yeux observent.
Les
éléments originels de lunité cosmologique sont : leau,
la terre, lair et le feu, ou bien encore lhumide,
le sec, le froid et le chaud. Ces quatre éléments, à la base de
toute chose existante, atteignent, dans le corps humain, la catégorie
dhumeurs. Le terme exact utilisé par les hippocratiques
est khymos, mais son usage est variable selon les différents
écrits. On retrouve néammoins deux traits constants concernant
lhumeur :
- il
sagit dun mélange, en proportions variables, des
quatre éléments déjà mentionnés
- ce
mélange se retrouve autant à létat liquide quà létat
solide dans lorganisme.
Les
humeurs sont donc au nombre de quatre :
- le
sang, chaud et humide.
- la
pituite, froide et humide.
- la
bile jaune, chaude et sèche.
- la
bile noire, froide et sèche.

FIGURE
8 : DIAGRAMME DES QUATRE ÉLÈMENTS ET LES HUMEURS
Les
différentes proportions de ces humeurs sont à lorigine des
différences de race, sexe et tempérament. Galène établira plus
tard une célèbre théorie sur linfluence de telle humeur
ou telle autre sur la constitution des tempéraments ( Où les
habits de lâme sont la conséquence de la complexion humorale
du corps ). Cette théorie deviendra un modèle, au moins jusquà
la Renaissance. Léquilibre entre les différentes humeurs
est un facteur décisif de santé et leur déséquilibre entraîne
la maladie et éventuellement la mort.
Celle-ci
est pourtant considérée comme un besoin pour tout ce qui respire
dans le Cosmos. Dans le traité hippocratique Sur
la nature humaine on peut lire : "quand le
corps humain arrive à sa fin, lhumide va vers lhumide,
le sec vers le sec, le chaud vers le chaud et le froid vers le
froid". Le processus physiologique de la mort consiste
en la dissolution du corps dans ses éléments et au retour de ceux-ci
vers le Cosmos.
La
mort et la vie sont deux modalités, opposées seulement en apparence,
de luniversel flux de la physis : "naître
et mourir cest la même chose", précise lauteur
hippocratique du traité Sur la diète.
Deux
facteurs contribuent aussi au maintien de lunité harmonieuse
et équilibrée entre les différentes parties de la physis
humaine:
- le
premier, simple et congénital : la chaleur implantée
- un
autre, complexe et externe : la nourriture, constituée de :
- une
composante aérienne ou pneumatique,
- une
composante liquide,
- une
composante solide,
La
chaleur implantée ou congénitale réside dans le ventricule gauche
du coeur et donne lieu au principe vital par lequel la physis
humaine réalise sa vie. Concernant la nourriture, le pneume
a une importance particulière. On lappelle air quand il
est à lextérieur du corps et flatuosité quand il est à lintérieur.
Il
accomplit quatre fonctions : il nourrit, il donne lélan,
il rafraîchit, et il vivifie. Il pénètre dans lorganisme
par la bouche et le nez, pour aller, au travers dun système
de canaux situés entre les mâchoires et le cerveau vers lencéphale,
où il dépose son principe actif pour raviver lintelligence.
Il descend ensuite dans le corps par deux voies : par loesophage
vers le ventre et par la trachée vers les poumons et le coeur.
Ce faisant, il les réfrigère.
Dans
un organisme sain tout est soumis à la règle de la stricte proportion
(metron). De là limportance dune alimentation
proportionnée en quantité et qualité, selon lâge, la saison
de lannée, et le type de travail. La destination finale
de toute alimentation est sa décomposition en humeurs, à travers
un processus nommé diakrisis.
Lair
et lalimentation sont les deux moyens par lesquels le monde
environnant pénètre dans lorganisme. Ces deux moyens sont
donc à lorigine autant de la bonne santé que de la maladie.
2.
Allopathie (ou médecine allopathique)
Un
des textes les plus retentissants dans la culture grecque nous
vient dAnaximandre et dit ainsi : Dès lors quexiste
une origine des choses, existe aussi leur destruction, conditionnées
toutes deux par les nécessités et les avances du temps.
Cet
épigramme sur luniverselle application de la physis
se prolonge dans la conception hippocratique qui considère la
santé comme un "juste ordre" (la physis accomplit
ce quelle doit accomplir de manière juste et pertinente),
et la maladie comme une altération morbide du bon équilibre des
élèments qui lintègrent. Acméon de Crotone a reformulé ce
concept comme le "juste équilibre" (isonomie)
entre les élèments et les humeurs qui conforment chaque nature
: le chaud et le froid, lhumide et le sec, le sucré et lamer,
etc. Etre sain est un état de bonnes proportions, nommé eukrasie
ou "bon mélange".
Un
tel équilibre physiologique exige que les différentes dynameis
soient bien tempérées entre elles, de façon à ce quaucune
ne domine lautre. Le régime de vie en est une condition
nécessaire.
3.
Régime de vie
Les
hippocratiques entendent par régime de vie lensemble des
habitudes corporelles qui président à lactivité humaine.
Elle a très probablement son origine dans une invention pythagorique
de laquelle se sont dégagés par la suite des éléments religieux
et ascétiques, avant de se diffuser en tant que "diététique"
dans la Grèce du Vème siècle avant notre ère.
La
diète intègre cinq composantes principales :
- lalimentation.
- les
exercices (la gymnastique, les promenades, le repos et les bains).
- lactivité
professionnelle.
- les
particularités du pays (la géographie, le climat).
- les
moeurs de la Cité.
Ces
composantes sont aussi déterminées par lâge, le sexe, les
habitudes particulières à chaque individu et la complexion de
son corps.
La
diététique ne vise pas tant la guérison du malade que la préservation
de sa santé et lamélioration de sa condition naturelle.
Elle est devenue pour cette raison le sujet principal des traités
iatrophysiques et de la divulgation sophistique à travers la population.
4.
Les organes et la circulation.
On
abordera ici la structure basique, élaborée par Galène (II siècle),
beaucoup plus systématique et achevée que celle du Corpus Hipocraticum,
et par conséquent, beaucoup plus didactique. Ce médecin romain
part des bases posées par la médecine hippocratique pour les développer
en trois grands principes :
-
A lorigine résident les quatre éléments cosmologiques (leau,
lair, la terre et le feu) ainsi que les quatre humeurs ou
substances élémentaires dont le mélange donne lieu aux processus
organiques. Les humeurs ont leur origine directe dans les aliments,
transformés par lappareil digestif.
Le
mélange varié des aliments aide lorganisme à constituer
:
- les
différents liquides organiques, dans lesquels un des éléments
prédomine souvent sur les autres.
- des
parties dites similaires, à savoir la fibre musculaire,
la chair, la graisse, los, le cartilage, les ligaments,
les nerfs et la moelle osseuse. Chaque partie a des propriétés
physiques (chaleur, humidité, consistence, etc.) qui découlent
de sa complexion humorale propre et accomplit la fonction de
lorgane ou de la région organique à laquelle elle appartient.
-
Les organes vivent et agissent, soutenus par le plus basique et
dynamique des principes constitutifs de lorganisme animal
: la chaleur innée ou native. Celle-ci a son siège central dans
le coeur et est lagent primaire des transformations substantielles
qui jalonnent le processus vital. La chaleur se propage, par lintermédiaire
du sang, dans tout le corps et le maintient vivant. La réfrigération
procurée par lair inspiré maintient lintensité de
cette chaleur.
-
Le pneume, soufle ou haleine (terme que les galénistes
latins on traduit par spiritus) est un concept traditionnel
de la physiologie grecque, au point de constituer une spécialité
: la pneumatologie. Mais le pneume nest pas imatériel :
il est une matière extrêmement subtile, capable de se déplacer
rapidement à travers les nerfs et les parois artérielles.
En
parallèle de ces trois principes (humeurs, chaleur innée et pneume),
il faut noter limportance de deux organes fondamentaux :
- le
foie ou centre de la dynamique physique, chargé des fontions
végétatives.
- le
coeur, siège de la dynamique vitale qui a comme fontion la préservation
de la vie.
Les
fonctions végétatives comprennent la transformation de la nourriture
en substances propres à chaque organe. Ce processus est réalisé
au cours de trois phases : la première a lieu dans le tube digestif,
la seconde dans le foie et la troisième dans la partie anatomique
où la nourriture est assimilée.
Au
cours de chacune de ces phases, la digestion ou cuisson (pepsis)
comprend trois opérations successives:
- la
transformation de la partie utile de laliment en substance
nutritive.
- lextraction
et laccumulation de la partie inutile de laliment.
- lexpulsion
de cette dernière
Lestomac
reçoit le bol alimentaire, et le soumet à une première digestion,
en commençant sa conversion en chyle puis lenvoie, à travers
le pylore, vers le duodénum.
Cest
dans lintestin grêle (jéjunum et iléum) que la chylification
se complète et le chyle se divise alors en deux sortes de déchets
:
-
laqueux, que les reins réceptionnent par lintermédiaire
des veines qui les unissent au tube digestif.
-
le fécal, expulsé par lintestin, caecum et côlon.
Le
foie est conçu comme le lieu de transformation du chyle en sang,
processus par lequel se termine la première digestion. Au cours
de ce processus-là sont aussi extraits leau et la bile jaune.
Le
sang épais et foncé formé dans le foie est lobjet dune
première épuration par la râte, qui est spécifiquement destinée
à la formation de la bile noire à partir des substances féculentes
et terriennes qui restent encore dans le sang élaboré par le foie.
La bile noire est évacuée par la râte et partiellement éliminée
par le tube digestif.
Une
fois épuré, le sang veineux part du foie dans deux directions:
-
vers le côté droit du coeur, par les veines sus-hépathiques.
-
vers le reste du corps, par un hypothétique système veineux.
La
deuxième digestion a alors lieu avec la conversion du sang veineux
en sang artériel, grâce à laction du coeur et des poumons
qui sont les organes centraux de la puissance vitale.
Le
coeur (kardias), principe et siège central de la chaleur
innée et de lesprit vital, a une fontion principale : transformer
le sang veineux en sang artériel, cest à dire lui enlever
les matières inutiles et lui donner lesprit vital, avant
de le distribuer dans tout le corps, à travers les artères. Le
coeur est un corps non musculaire, sans nerfs, comprenant deux
ventricules : le ventricule gauche dit pneumatique et le droit
dit sanguin. Il comprend aussi deux auricules, et des orifices
veineux et artériels ayant chacun une fonction.
Le
ventricule droit communique avec le gauche par un système de canaux
qui traversent la paroi interventriculaire.
Dans
son activité diastolique, le coeur droit pompe le sang hépathique
qui arrive par la veine cave ; le coeur gauche aspire, lui, lair
que la respiration a emmené jusquaux poumons et aussi la
plupart du sang contenu dans le ventricule droit.
Dans
son activité systolique, le ventricule droit envoie le sang veineux
aux poumons pour les nourrir et au ventricule gauche à travers
les pores du septe interventriculaire. Là, le sang veineux se
pneumatise - grâce à la chaleur innée, lair inspiré devient
esprit vital-.
Une
fois transformé en sang artériel, il est envoyé dans tout le corps
à travers laorte, sous limpulsion de la systolle ventriculaire.
Pour cette raison, on appelle conduit artériel celui qui emmène
le sang au poumon et conduit veineux celui qui amène lair
du poumon au coeur gauche.
Mais
la systole du ventricule gauche ne fait pas quenvoyer le
sang artériel vers le reste du corps : elle envoie dans le même
temps vers les poumons les faibles résidus (fumée ou suie) qui
découlent de la transformation du sang veineux en sang artériel
pour être expulsés vers lextérieur. Par conséquent, lartère
veineuse ne contient jamais de sang au moment de la respiration,
elle conduit les suies vers lextérieur.
Il
existe donc deux systèmes vasculaires:
- un
système veineux ayant le foie comme centre principal.
- un
système artériel, provenant du coeur.
Le
sang circule de forme centrifuge dans les deux systèmes avant
dêtre consommé comme un aliment dans les parties périphériques.
Les
veines ne battent pas : le sang se déplace à lintérieur,
simplement "attiré" par les organes quil doit
alimenter.
Par
contre, les artères battent selon le mécanisme du pouls :
a.
les artères contiennent du sang en permanence
b.
les parois artérielles bougent activement, car elles possèdent
par elles mêmes une capacité de contraction
c.
cette capacité est entretenue par laction stimulante du
pneume vital, que le coeur envoie tout le long des parois artérielles.
Les
poumons possèdent deux lobes du côté gauche du corps et trois
dans le côté droit qui servent à :
- protéger
le coeur qui reste enveloppé par les lobes pulmonaires (un
peu comme par les doigts dune main).
- fournir
lair que le ventricule gauche transforme en esprit vital.
- contribuer
à la formation de la chaleur innée, la conserver et la tempérer.
La
troisième digestion ou assimilation dans les parties périphériques
consiste en la transformation du sang en substances propres à
chacune dentre elles. Dans ces parties arrivent deux sortes
de sang:
- le
plus pur et pneumatisé provenant des artères
- le
moins pur et non pneumatisé qui arrive par les veines.
Il
est donc nécessaire que les deux types de sang se mélangent avant
lassimilation, de façon à ce que le sang veineux devienne
artériel. Ce sang résultant de la transformation devient parénkhyma,
propre à chaque partie. Cette fonction appartient à la troisième
digestion et génère des résidus tels que la sueur, le suif cutané,
les poils et les ongles.

FIGURE
9 : SCHÉMA DU SYSTÈME CIRCULATOIRE DU SANG
Les
organes des cavités abdominale et thoracique permettent à lenvironnement
extérieur dentrer sous la forme daliment et dair,
aidant à conserver la vie ; lunion dynamique environnement-organisme
se produit dans le sens du premier vers le deuxième.
Cette
union se produit par contre dans le sens inverse - depuis lorgane
vers lenvironnement - au niveau de lencéphale situé
dans la boîte crânienne et des mécanismes le reliant au reste
du corps par lintermédiaire de la moelle et des nerfs.
Daprès
Galène, le cerveau a deux fonctions :
- produire
le pneume psykhikon, et donc être à la base du principe
de la vie, de la sensibilité, de lautomotion.
- contribuer
à léquilibre humoral et à la thermo-régulation de lorganisme.
Le
cerveau est à lorigine de la sensation et du mouvement,
grâce au pneume, qui transite par la moelle et les nerfs
pour transmettre la sensibilité et le mouvement aux parties du
corps qui en sont capables. Galène décrit le cerveau et ses parties
principales et conçoit la moelle épinière comme une prolongation
du cerveau. Les nerfs sont de plusieurs types : mous ou sensitifs,
durs ou moteurs ou bien de condition intermédiaire. Les ganglions
sont le lieu où lactivité nerveuse sintensifie.
Les
viscères abdominales et thoraciques conservent la vie ; le cerveau
et les nerfs nous permettent de percevoir le monde et dagir
sur lui, au travers des différentes parties du corps : lhomme,
selon Galène est un homo faber capable de transformer la
vie biologique en activité sociale et créatrice.
Lart,
léducation, la médecine sont donc les premiers "miroirs"
au travers desquels la culture grecque accorde progressivement
au corps humain une conscience et une identité. Et même si, après
les Grecs, on a pu affiner, améliorer cette connaissance, ce modèle
de relation au corps perdure aujourdhui presque traits
pour traits.
ACTIVITES
DIDACTIQUES
1.
Les premiers textes qui font allusion explicite au corps dans
la culture grecque, sont les poèmes lyriques. Commentez le sens
et le sentiment du corps qui découle des textes suivants :
|
La
naissance des hommes ressemble à celle des feuilles
|
|
Le
vent les disperse sur le sol les unes après les autres
|
|
Et
le bois verdoyant les fait naître quand survient
le printemps.
|
|
Il
en est de même pour lhomme :
|
|
Une
génération naît à linstant où une autre apparaît
|
Ces
vers dHomère ont été la source dinspiration pour
tous les grands poètes lyriques.
Ainsi
sexprime Simonide dAmorgos (vers 630 av.
J.C.) :
|
Peu
de mortels, en effet, peuvent entendre ce vers et
laccueillir dans leur sein
|
|
Chacun
garde lespoir quil pourrait senraciner
dans le coeur des jeunes :
|
|
Tant
quil possède la chère fleur de la jeunesse,
|
|
Le
mortel garde lesprit léger et loccupe
à des folies
|
|
Car
il ne soupçonne pas quil va vieillir et mourir
|
|
Ni
ne tient compte de la fatigue tant quil est
en bonne santé.
|
|
Sot
est celui qui continue à penser de la sorte
|
|
Car
il ignore combien est court le temps de la jeunesse
|
|
Et
lexistence des hommes.
|
|
Mais
toi, saisis ce conseil et, jusquà la fin de
tes jours,
|
|
Ose
jouir des biens que la vie toffre
|
Minerme
de Colophon (vers 630 av. J.C.)
|
Telles
des feuilles qui naissent de la saison fleurie du
printemps,
|
|
A
peine épanouies aux rayons de soleil
|
|
Nous
jouissons pour un court moment des fleurs de la jeunesse
|
|
Sans
connaître des Dieux ni le bien ni le mal.
|
|
Mais
à leurs côtés apparaissent les Keres obscures
|
|
Lune
sous le manteau de la funeste vieillesse
|
|
Lautre
sous celui de la mort.
|
|
Seulement
un instant dure le fruit de la jeunesse
|
|
Le
temps que met le soleil à se répandre sur la terre.
|
|
A
peine passé ce moment de la vie
|
|
Mieux
vaut être mort que vivant.
|
Théognis
de Mégare (vers 530 avant notre ère)
|
De
toutes les choses, la meilleure serait de ne pas être
né
|
|
Pour
ne pas voir, tel un mortel, les fugaces rayons du
soleil
|
|
Et,
une fois né, devoir traverser le plus vite possible
les portes de lHadès
|
|
Et
rester étendu sous lépaisse couche de terre.
|
Anacréon
de Theos (vers 530 av. J.C.)
|
Grises
sont mes tempes
|
|
Et
blanche ma chevelure.
|
|
La
grâce de la jeunesse sen est allée
|
|
Et
mes dents sont vieilles
|
|
Il
ne me reste que peu de la douceur de vivre.
|
|
Cest
pourquoi je sanglote souvent
|
|
Car
je crains le Tartare
|
|
Car
labîme de lHadès est plein dépouvantes
|
|
Et
amer le chemin qui y mène...
|
Simonide
de Kéos (entre 556 et 467 av. J.C.)
|
Bien
faible est le pouvoir des humains
|
|
Vains
sont leurs desseins, leurs soucis.
|
|
Dans
cette courte vie les peines se succèdent
|
|
Et,
inéluctable, la mort attend toujours
|
Pyndare
de Thèbes ( 522-448 av. J.C.)
|
Etres
dun jour ! Que sommes nous ?
|
|
Que
ne sommes-nous pas ?
|
|
Lhomme
est le rêve dune ombre (Pitique VIII )
|
On
attribue à Platon lui-même cet épigramme :
|
Tout
emporte la vie.
|
|
Le
temps dans sa durée parvient à altérer
|
|
Et
le nom et la forme,
|
|
Et
lêtre et le destin.
|
2.
Etudiez les figures peintes sur la céramique grecque et analysez
les différents types de kuroi selon ce qui est exposé dans
le texte.
3.
Etudiez les traits caractéristiques des sculptures de Miron, Fidias
et Policlète et cherchez où résident leurs différences fondamentales.
4.
Pour avoir une idée du genre de combat existant avant lapparition
des hoplites, lisez le cinquième chant de lIllyade dHomère
et décrivez une bataille.
5.
Dans le texte il est fait allusion aux polis ou villes-états
grecques : faites une rédaction sur ce sujet avec leurs traits
caractéristiques.
6.
Faites une recherche sur les anciens Jeux Olympiques, comparés
aux actuels. Qui a relancé ces derniers et quand?
7.
Approfondissez la connaissance et les idées du mouvement Sophiste.
8.
Faites une recherche sur ce que cétait lAccadémie
de Platon.
9.
La notion du corps comme microcosme nappartient pas seulement
à lantiquité, elle était courante pendant la Renaissance.
Consultez les représentations plastiques que lon trouve
autour de ce concept dans lart de la Renaissance.
10.
Étudiez le rôle que jouent les quatre élèments matériels dans
la pensée présocratienne grecque.
11.
Étudiez la relation entre les humeurs et linfluence des
astres selon lastrologie.
12.
Exprimez votre idée sur la relation entre la santé du corps et
le milieu (environnement) dans lequel il se trouve. Comparez les
propositions de la médecine hippocratique sur le régime de vie
et les nôtres.
13.
L´idée de la circulation du sang quavaient les Grecs est,
évidemment, erronée. Pourquoi ? Quel est la vision correcte de
ce sujet ? Qui la découverte ?
14.
Réalisez un shéma comparatif du rôle de lappareil digestif,
du foie et des reins dans la médecine ancienne et dans la médecine
actuelle.
BIBLIOGRAPHIE
BASIQUE
-
Alsina, J.- Los orígenes helenísticos de la medicina occidental.
Madrid, ed. Labor, 1982
-
Blanco Freijeiro, A- Arte Griego. Madrid, ed. C.S.I.C,
1990
-
Boardman, Jhon.- El arte griego. Madrid, ed. Destino, 1991.
-
Joly, .-Hippocrate. Médecine Grecque.París, ed. Gallimard,
1964
-
Laín, P.-La medicina hipocrática. Madrid, ed.Alianza,1987
-
Marrou, H.- Historia de la educación en la Antigüedad.
Madrid, ed. Akal, 1985
-
Planeta (ed.).-Historia Universal del Arte, vol. II La antigüedad
clásica. Barcelona, 1986.
-
Roberts, M.- El arte griego.Madrid, ed. Alianza Forma,
1983
-
Snell, B.-Las fuentes del pensamiento europeo.Madrid, ed.
Razón y Fe, 1965
-
Tratados Hipocráticos, vols I a VII. Introducción a cargo de C.
García Gual. Madrid, ed. Gredos. 1983-93.
JOSÉ
LUIS PRIETO PÉREZ
FONDATION
CANARIENNE OROTAVA DHISTOIRE DE LA SCIENCE
TRADUCTION:
MariLuz Sutil