On
ne peut ignorer que lHistoire de la Science tient une place
marginale dans lenseignement universitaire ou secondaire.
Cette discipline manque dans notre pays dune tradition solide,
et brille par son absence dans les programmes des Facultés de
Sciences, à quelques exceptions près dues à des initiatives personnelles
- elle apparaît seulement dans les programmes de certaines Facultés
de Philosophie.
Ni
lAdministration de lEducation, ni les Facultés nont
manifesté jusquà présent aucune intention dinstitutionnaliser
lenseignement de lhistoire de la Science. Cette absence
au niveau des études supérieures a des conséquences évidentes
pour nous qui avons étudié à lUniversité et qui enseignons
maintenant au lycée les Sciences, la Philosophie, lHistoire,
etc. : on peut difficilement enseigner ce quon ne connaît
pas. Elle a aussi des conséquences sur les textes que nous
utilisons pour enseigner dans ces disciplines.
A
ce sujet, il peut être intéressant de recueillir ici les observations
parues dans le rapport de lALLEA (ALL EUROPEAN ACADEMIES)
concernant Le rôle de lHistoire de la Science dans lenseignement
supérieur et plus particulièrement ce qui concerne notre pays,
dans le rapport rédigé par Elena Ausejo, de lUniversité
de Saragosse. On pouvait y lire : (...) " Lhistoire
de la science est une partie de lhistoire universelle mise
de côté de façon inexplicable(...) On a jugé naturel que lhistoire
militaire, lhistoire de léconomie, de lart,
de la musique ou de la littérature fassent partie de lhistoire
universelle et, par conséquent, de les inclure dans les programmes
universitaires. Mais ce nest pas le cas de lhistoire
de la science. "
Il
faut sans doute chercher les raisons de cette abscence dans la
spécificité de lhistoire de la science, qui réside principalement
dans le fait quune histoire de la science cohérente doit
nécessairement se constituer autour dun savoir interdisciplinaire.
Cette interdisciplinarité demande lapport des différents
domaines de la connaissance, ce qui soulève, à lévidence,
de nombreux problèmes .
-
Les
scientifiques, sauf quelques exceptions honorables, ont
montré très peu dintérêt pour lhistoire de leurs
propres disciplines. Aussi très peu de chaires se sont-elles
créées, qui auraient pu encourager la recherche sur ce sujet
et permettre son enseignement généralisé, comme une matière
à part entière.
-
En
ce qui concerne lhistoire et la philosophie, ces disciplines
nont pas vraiment développé le sujet, pour des raisons
qui tiennent autant aux difficultés quentraîne pour
elles la démarche scientifique quaux centres dintérêt
propres à chacune.
Les
réflexions de Charles C. Gillespie à ce sujet sont particulièrement
intéressantes : " Le langage ordinaire est
toujours déficient, dans une certaine mesure, lorsquil
tente de rendre compte des découvertes de la science. En Physique,
cette incapacité saccroît de manière abrupte entre Carnot
et Helmholtz ou entre Faraday et Maxwell. Dans la deuxième
moitié du XIXème siècle, elle augmente de manière exponentielle
et conduit à ce fossé din communication qui rend opaque
de tout point de vue le travail du scientifique moderne. "
Par
conséquent, comme le remarque le rapport auquel nous faisions
allusion, "(...) la grande valeur éducative de lhistoire
de la Science nest pas perçue comme telle par les milieux
universitaires, objectivement les plus concernés par ce sujet.
Les scientifiques en général considèrent que le passé na
que très peu de valeur pour le futur ; les philosophes ne sentent
pas dintérêt particulier pour la science naturelle ni pour
son langage spécialisé, et les historiens, proches des philosophes
par leur désintérêt, restent volontairement étrangers au fait
que la Science a une dimension humaine en parallèle de son apparente
inhumanité, quelle prend une place significative dans lhistoire
humaine, et quelle ne sefforce pas seulement de révéler
des aspects non humains et non historiques de la réalité. "
LHISTOIRE
DE LA SCIENCE DANS LE CURSUS DES DIFFERENTES DISCIPLINES
Afin
de résumer les considérations précédentes et dillustrer
de manière plus concrète comment lHistoire de la Science
sintègre, ou serait susceptible et souhaitable de sintégrer
dans certaines disciplines, nous avons exploré différents ouvrages
dHistoire, de Philosophie, de Mathématiques, de Chimie et
de Biologie utilisés couramment dans le Secondaire.
Le
résultat de cette exploration montre que, mis à part quelques
cas très singuliers, lincorporation de questions relatives
à la discipline elle-même est minime, et encore moindre celle
de questions qui se réfèrent à lHistoire de la Science en
général.
Ceci
se voit complété par le fait que, lorsque ces questions apparaissent
de manière explicite, la majorité du corps enseignant pour
les raisons auxquelles nous avons déjà fait allusion lignore
volontairement. Récemment, de plus, reconnaissant lincapacité
de lélève à fixer son attention sur des textes très littéraires,
on tend à choisir comme bases de travail des livres schématiques
dans lesquels apparaît résumé ce que lélève devrait
lui-même trier pénalisant dans le même temps les textes
qui tentent de relater, en leur accordant lespace nécessaire,
lhistoire et la genèse des concepts.
RENFORCER
LHISTOIRE DES SCIENCES :
STRATEGIES
DE FORMATION DU CORPS ENSEIGNANT
La
LOGSE a fait de linterdisciplinarité le but du changement
éducatif, mais nest pas parvenue à mettre en place,
selon nous, un mécanisme adéquat pour former le corps enseignant
à cette interdisciplinarité et dépasser ainsi le hiatus que E.C.
Snow affirmait être un fossé entre les deux cultures.
Nous
qui donnons actuellement des cours de Sciences et de Lettres,
avons été éduqués dans lidée de cette séparation. Aussi
apparaît clairement la nécessité dadopter une attitude ferme
et résolue en faveur dun processus de formation des professeurs
existants ainsi que des futurs professeurs. Car on nobserve
pas de changement substanciels au sein des nouveaux programmes
des cursus universitaires, où cette discipline est encore absente,
ni dans ceux de formation du corps enseignant, qui nont
jusquà présent pas mis laccent sur les aspects didactiques
et méthodologiques, pas envisagé pleinement de lutte contre la
spécialisation déformante et dé-formante de nos savoirs parcellaires,
ni ne se sont suffisamment soucié de renforcer les figures du
scientifique humaniste et de lhumaniste scientifique que
nous revendiquons dans notre philosophie. Cest sur le terrain
de lHistoire des Sciences, discipline par essence interdisciplinaire,
que lon peut lutter, dans la pratique, pour tenter dabolir
la séparation qui existe entre culture humaniste et culture scientifique.
Au
sein de la Fondation Canarienne pour lHistoire de la Science
de la Orotava, nous tentons de pallier à cette situation ; en
marge des cours de formation des professeurs, que la Fondation,
au long de son histoire, a organisé et continue dorganiser,
en mettant toujours un accent marqué sur le caractère interdisciplinaire,
nous avons élaboré le programme de deux modules denseignement
d´Histoire de la Science, avec lappui de la Communauté Autonome
des Canaries.
Il
nous paraît intéressant de faire quelques réflexions à propos
des raisons qui ont justifié la mise en place de ces modules,
car il nous semble quelles dépassent le stricte cadre de
lenseignement et quelles ont à voir avec un sujet
de grande envergure : la divulgation de la science et lacquisition
dune culture scientifique, au même titre que la culture
artistique, littéraire, etc...
INTRODUCTION
Létude
normalisée de savoirs scientifiques, telle quelle est conçue
aujourdhui dans les programmes académiques, présente une
série de graves inconvénients.
2.3
La géométrie en Grèce : le théorème de Thalès et le concept
de symétrie Calcul daires Les moyennes proportionnelles.
La section dOr Les grandeurs irrationnelles.
2.4
Les Mathématiques comme science théorique : preuve, démonstration
et application La méthode de démonstration indirecte
Axiomes, postulats, notions usuelles définies dans les élements
dEuclide Archimède et sa méthode.
2.5
Quelques illustrations de lapplication des Mathématiques
aux problèmes physiques : La loi optique de la réflexion
La mesure par Eratotène du rayon de la Terre La dsitance
relative de la Terre au soleil et de la Tere à la Lune selon Aristarque
de Samos
BLOC
THEMATIQUE 3 : QUALITES OCCULTES, FORCES ET MOUVEMENT
Le
problème du mouvement a longtemps été au centre de la réflexion
humaine sur la nature du monde physique. On a accepté le fait
que sappliquait le principe tacite de permanence du lieu
et que la mobilité supposait lexistence dun principe
moteur (interne dans le cas des être viavnts et extrerne dans
le cas des objets inanimés).
Nous
prétendons ici, dune part, dissiper cette erreur, condition
nécessaire pour sapprocher de lessence de la nouvelle
Physique de Galilée et de Newton ; nous voulons dautre part
esquisser quelques réponses à linquiétante interrogation
: Comment un objet peut il agir sur un autre qui nest pas
apparemment à son contact ?
3.1
Un mode vivant plein de qualités occultes
3.2
Le mouvement : Les explications données par une Physique
des lieux naturels Mouvements naturels et violents
Le moteur Une Physique Téléologique
3.3
La séparation du mouvement et des forces : Galilée
Linertie La force nest pas la cause du mouvement
mais celle de sa modification.
3.4
Les forces de contact et les forces agissant à distance
: Un Physique mécaniciste : Descartes Newton et la gravitation
: réintroduire les qualités occultes ? Faraday et Maxwell
: la notion de champ de Forces La vision classique du monde
.
BLOC
THEMATIQUE 4 : DE LASTROLOGIE A LASTRONOMIE
Il
ne fait aucun doute que lhomme a toujours senti ( avec raison)
que sa vie était conditionnée par les objets célestes ( le rythme
du jour et de la nuit, les saisons, les crues des eaux, etc en
témoignent ).
Dans
le même temps le ciel a exercé une fascination permanente sur
limagination humaine. Lhomme a toujours projeté sur
le ciel le meileur et le pire de lui-même.
Le
but de cet ensemble est de montrer comment on a dépersonnalisé
petit à petit la chose céleste, jusquà la décrire avec les
mêmes lois qui régissent les phénomènes terriens ; il est aussi
de montrer dans quelle mesure persistent encore dans limaginaire
populaire des croyances pseudo-scientifiques comme lAstrologie.
4.1.
Linfluence de lhomme sur le ciel: Une image anthropomorphique
de lunivers - La relation entre macrocosmos et microcosmos.
4.2.
Linfluence du ciel sur lhomme : Lobservation
du ciel - Les constellations et les signes du Zodiaque - Les planètes.
4.3.
La deshumanisation du ciel : Dun cosmos fermé à un Univers
ouvert. Copernic, Kepler et Galilée - Répercussions de cette nouvelle
vision.
4.4.
Une seule Physique pour les deux mondes : Newton et la
loi de Gravitation Universelle.
BOC
THEMATIQUE 5 : LA TRANSMUTATION DES ELEMENTS. DE LALCHIMIE
A LA CHIMIE.
L
alchimie a été interprétée depuis selon différentes perspectives.
On la considérée comme précurseur de la chimie, mais elle
apparaît aussi étroitement liée à la magie.
Dans
le laboratoire de lalchimiste se sont rejoints le matérialisme
et la religiosité tant au niveau de la méthode quau niveau
des objectifs. La thématique alchimique ( purifier la matière
et perfectionner le monde, préparer des remèdes pour retarder
la vieillesse, pour guérir les maladies et chercher la source
de léternelle jeunesse, etc.) se prêtait à cela.
Lalchimie
atteint un point dinflexion avec la figure de Paracelse
qui ouvre la porte à une nouvelle philosophie : liatrochimie.
Lavoisier délimitera ce quon connaît aujourdhui sous
le nom de Chimie en paramétrant puis en utilisant une méthode
scientifique concernant létude des processus chimiques.
5.1.Lalchimie
: Brève histoire depuis lAntiquité jusquà Paracelse
- Concepts et symboles chimiques - Le rôle de lalchimie
dans les différentes cultures - Histoire des alchimistes.
5.2.
Le problème de la transmutation des élèments : La pierre
philosophale et lidée de "guérir " les métaux
malades - Lalchimie et lhermétisme - La relation entre
lalchimie et loeuvre de Platon et dAristote.
5.3.
La transition vers la chimie: Loeuvre de Paracelse -
Liatrochimie - La figure de Lavoisier : ses expériences
- Lemploi systématique de la balance. La quantification
- Le "chant du cygne" de lalchimie : la théorie
du Phlogiste - La naissance de la chimie. La notion de réaction
chimique.
BLOC
THEMATIQUE 6 : LE PROBLEME DE LORIGINE DES ETRES VIVANTS
La
matière peut-elle sorganiser par elle-même? Lidée
de la génération spontanée existait déjà dans lAntiquité
et a gardé son influence jusquau XVIIième siècle et les
temps qui ont suivi.
Les
travaux de Pasteur ont été cruciaux pour dépasser les postulats
de la génération spontanée. Ses apports au débat entre créationisme
et évolutionisme ont eu une grande répercusion, non seulement
dans le domaine scientifique, mais aussi dans celui de la politique
et de la religion.
6.1.
La génération spontanée : Son histoire et son évolution
: des êtres supérieurs aux microorganismes - Expériences de Redi
- Polémique entre Needham et Spallanzani - Leur relation avec
la biologie du XIXième siècle.
6.2.Le
conflit entre créationisme et évolutionisme : Darwin et la
génération spontanée - Répercusion sociale , implications politiques
et religieuses La génération spontanée et le vitalisme.
6.3.
La figure de Pasteur. Ses expériences : La génération spontanée
dans loeuvre de Pasteur.- Influence de lexpérimentation
microbiologique en détriment de lidée de génération spontanée
- La polémique avec Félix Pouchet - Conséquences de loeuvre
de Pasteur en biologie, médecine et industrie.
b)
LHISTOIRE DE LA SCIENCE AU LYCÉE
Loption
choisie pour le lycée est de présenter la science comme une construction
humaine, comportant par conséquent un caractère strictement relatif
et lié à lhistoire, dans la ligne du rapport Propositions
pour lenseignement de lavenir élaboré par le Collège
de France sur demande du président de la République française.
Le premier des ses principes se trouve exprimé ainsi :
"Parmi
les fonctions imparties à la culture, lune des plus importantes
est sans doute le rôle de technique de défense contre toutes les
formes de pression idéologique, politique ou religieuse : cet
instrument de pensée libre, (...) peut permettre au citoyen dahujourdhui
de se protéger contre les abus de pouvoir symboliques dont il
est lobjet, ceux de la publicité, ceux de la propagande
et du fanatisme politique ou religieux. Cette orientation pédagogique
aurait pour fin de développer un respect sans fétichisme de la
science comme forme accomplie de lactivité rationnelle en
mème temps quune vigilance armée contre certains usages
de lactivité scientifique et de ses produits .Il ne sagit
pas de fonder une morale sur la science, réelle ou idéalisée,
mais de transmettre une attitude critique à légard de la
science et de ses usages..."
Garder
une attitude rationnelle et critique suppose avant tout de concevoir
la science comme le produit de lintelligence et du travail
humain au cours de lhistoire, mais aussi comme un savoir
ouvert, en continuelle transformation et évolution. Par conséquent
on ne peut apréhender ses vérités et ses certitudes quen
les situant dans lespace et dans le temps, comme toute création
humaine. Pour cela la science est confrontée à lessai et
à lerreur, et ses découvertes doivent toujours pouvoir cécer
la place à dautres découvertes. Le caractère évolutif, de
plus en plus ouvert quelle a acquis de nos jours rend plus
aisée cette conception.
Il
apparaît évident que si les sciences sont le fruit dune
culture, et sont chacune imergées dans leur propre époque, il
faille envisager un programme dhistoire de la science qui
fasse écho aux trois grandes périodes de lhistoire que sont
lAntiquité, la période moderne, et la période contemporaine.
Il
apparaît également souhaitable de porter une plus grande attention
à la science de notre époque, contrairement à ce qui sest
fait jusquà présent en matière denseignement, de manière
à ce quelle occupe à elle seule la moitié du module denseignement.
La difficulté principale réside dans sa complexité et, même si
elle est plus attractive pour lélève, celui-ci reçoit peu
dinformation sur cette science précisément du fait de cette
complexité. La solution clé pour résoudre ce problème réside dans
le choix des thèmes et leur répartition. Cest pourquoi nous
avons fait une sélection de thèmes qui donne une image assez approchée,
et en même temps proche, de la science, choisissant des thèmes
comme la découverte de latome, la théorie de la relativité
et ses paradoxes, lexpansion de lunivers ou la théorie
de linformation. Tout en remarquant que, sans perdre de
vue la rigueur de lexplication, le professeur doit éviter
les formalisations trop complexes, qui peuvent échapper à la capacité
de compréhension dune personne de dix sept ans, et plutôt
utiliser des explications intuitives, imaginatives, recherchant
un niveau de langage qui vise plus la diffusion des idées que
lacadémisme. La science de notre notre siècle, comme le
dit Ilya Prigorine, "doit enchanter plutôt que désillusionner".
Ce langage doit contenir suffisamment déléments mystérieux
et fascinants pour séduire lélève, sans pour autant perdre
le rationalisme critique, que le professeur doit lui inculquer
tout au long du programme.
Le
module que nous présentons prend en compte le fait que la Loi
Organique dOrdonnancement du Système Educatif (L.O.G.S.E.)
stipule que le Lycée doit apporter aux élèves une maturité intellectuelle
et humaine, ainsi que les connaissances et les capacités qui leur
permettent dexercer leurs fonctions sociales de manière
responsable et compétente. De cette manière, il leur permettra
daccéder à la formation professionnelle de niveau supérieur
et aux études universitaires. Signalons aussi que le tronc commun
du Lycée contribuera à la formation générale des élèves, alors
que les matières propres à chaque section et les matière optionnelles
dispenseront une formation plus spécialisée, les préparant, les
orientant vers des études professionnelles ou vers une activité
professionnelle.
LHistoire
de la Science ne contribue pas seulement à favoriser, dune
manière générale, la maturité intellectuelle et humaine des élèves,
mais elle a, de manière plus spécifique, une valeur dintroduction
pour nimporte quelle étude supérieure, du fait de son abord
interdisciplinaire et de sa façon globale de traiter les avancées
scientifiques.
Dans
le même temps elle aide à ce que les élèves apprennent à analyser
et évaluer de manière critique les réalités du monde contemporain,
ainsi que les antécédents et les facteurs qui influent sur lui
; elle aide à comprendre les éléments fondamentaux de la méthode
dinvestigation scientifique, à dominer les connaissances
scientifiques et les technologies fondamentales. Elle remplit
ainsi les trois grandes finalités éducatives du Lycée : la formation
générale, la propédeutique (ou préparation aux études postérieures),
et lorientation.
Mais
ce module denseignement vise aussi à présenter lévolution
des sciences dans une perspective humaniste, pouvant servir de
pont entre les sciences dures et les sciences humaines. Il vient
donc en continuation de lHistoire de la Science au Collège
suivant un même fil directeur qui est, si lon met de côté
la différence de contenus, la façon daborder les choses
et la finalité de cet enseignement. On peut par conséquent considérer
lHistoire de la Science au Lycée comme une prolongation
de lHistoire de la Science au Collège, bien quelle
reste indépendante delle en se qui concerne les contenus
conceptuels.
Le
module sarticule autour des quatres blocs thématiques suivants
:
BLOC
THEMATIQUE 1 : LA SCIENCE ANTIQUE : LUNIVERS FERME ET LE
MONDE VIVANT.
La
science dans lantiquité sest développée dans la culture
grecque et hellénistique au cours de plus de dix siècles. Pour
introduire le sujet il est nécessaire tout dabord de parler
de cette nouvelle façon denvisager la réalité, qui suppose
la raison ( ou logos ) en opposition à dautres cultures
anciennes. Dans son explication à lélève, le professeur
doit faire référence aux raisons pour lesquelles la science commence
dans ce lieu concret quest la Grèce et à ce moment précis
de lhistoire. A partir de là peuvent être développées les
questions relatives à larjé (ou principe), et les
réponses qui conçoivent les quatre élèments comme principes constitutifs
à partir desquels on peut expliquer tout ce qui existe. La recherche
de ces explications est ce qui a poussé les philosophes Grecs
à élaborer trois possibles modèles dinterprétation : le
modèle mathématique, le biologique et le mécanique. La science
hellénistique clôt la période classique et en ouvre une nouvelle,
celle dun développement plus spécialement des différentes
sciences : mathématiques, astronomie, médecine, etc. Finalement,
la conception du corps humain de la médecine Antique complète
le sujet.
1.1.
Une nouvelle façon de sinterroger : le "logos"
1.2.
Le problème de lorigine et la construction de la matière.
1.3.
La conception mathématique de lunivers. Pythagorisme et
platonisme.
1.4.
La conception mécaniciste de lunivers : LAtomisme
1.5.
La conception organiciste de lunivers : laristotélisme.
1.6.
La science hellénistique. Une certaine mathématisation du monde
physique.
1.7.
La conception du corps humain depuis Hippocrate jusquà Galène.
BLOC
THEMATIQUE 2 : LA SCIENCE MODERNE : LUNIVERS OUVERT ET LHOMME
MACHINE
Il
faut faire commencer la science moderne autour de la révolution
scientifique du XVIIième siècle. Pour cela il faut dabord
faire réfèrence à quelques aspects basiques de la période médiévale
afin que lélève sache à partir de quoi et contre quoi sest
faite cette révolution scientifique. Le professeur choisira ceux
des aspects de la science, de la technique et de la religion qui
lui paraissent indispensables pour rendre pertinentes ses explications
de la révolution scientifique. Il ne devra pas pas seulement décrire
les caractères qui la définissent, mais aussi, à travers leurs
représentants, les avancées marquantes qui culmineraient avec
le newtonisme et sa projection sur les Lumières et la Révolution
industrielle. La division des sciences, le spécialisation, lapplication
progressive de la méthode expérimentale à tous les savoirs, les
avancées en géologie, ou les théories transformistes, qui ont
tant influencé le XIXième siècle, sont, entre autres, des aspects
qui pourront être abordés ici.
Il
convient de conclure le sujet dans la même ligne quauparavant
en ce qui concerne le corps humain et sa conception mécanique,
qui traverse la culture européenne de lépoque.
2.1.
Les précédents : science, technique et religion au Moyen Age
2.2.
La révolution scientifique moderne : caractéristiques
2.3.
Les contributions de Copernic et Kepler
2.4.
Galilée : la méthode et la nouvelle mécanique
2.5.
Newton : la loi de la Gravitation Universelle Lunivers
mécanique
2.6.
Les nouvelles Mathématiques
2.7.
Le corps humain : Vesalio, Descartes et Harvey
2.8.
La technique et les nouvelles sciences au siècle des Lumières
BLOC
THEMATIQUE 3 : LA SCIENCE CONTEMPORAINE ET LE XIXème SIECLE :
ENERGIE, MATIERE ET VITALISME
La
scence du XIXème siècle connaît, dune part, lapogée
du modèle classique, mais dautre part part, les premières
fissures deviennent visibles pour aboutir à une crise de fin de
siècle et à une transition vers un nouveau paradigme. Parmi tous
les sujets qui ont habité une période dominée par lapogée
des sciences Physiques, nous nous sommes centrés sur la thermodynamique,
lélectricité et le magnetisme. Mais, en plus de cela, et
en vertu de la généralisation de la méthode expérimentale, se
constituent de manière décisive des nouvelles sciences comme la
chimie ou la biologie, qui, à partir de ce moment, vont jouer
un rôle crucial dans lévolution de la science. Lévolutionisme
représente probablement lévénement le plus marquant de cette
période car il échafaude un paradigme qui rend possible une interprétation
scientifique et cohérente de lévolution de la vie et de
lhomme sur notre planète. Il va aussi encourager les premiers
pas de la génétique qui naîtra plus tard au cours du XXième siècle
et plus concrètement dans les cinconte dernières années.
Pour
finir, on ne peut ignorer quun des faits le plus remarquables
de lépoque, du point de vue économique et social, est la
généralisation et lexpansion de la révolution industrielle,
ainsi que les avancées techniques qui lui sont associées :
3.1.
La chimie en tant science et la figure de Lavoisier.
3.2.
Le début de la thermodynamique, lélectricité et le magnétisme.
3.3.
La synthèse du électro-magnétisme et loptique de Maxwell.
3.4.
Lévolutionisme - Antécédents : le transformisme -La figure
de Darwin et ses théories de la selection naturelle et ladaptation
- Le conflit avec le créacionisme.
3.5.
La généralisation de la méthode expérimentale et son application
à la biologie.
3.6.
La révolution industrielle et le développement des nouvelles techniques.
3.7.
La vision classique du monde et sa crise.
BLOC
THÉMATIQUE 4: LA SCIENCE CONTEMPORAINE II. LE XX ième SIECLE :
lUNIVERS EN EVOLUTION.
La
pluralité et la complexité de la science de ce siècle font quil
est impossible dembrasser tous ses aspects, et il est donc
nécessaire de dégager une ligne directrice afin de garder un minimum
de cohérence dans notre démarche. La difficulté de thèmes dintérêt
majeur comme la mécanique quantique ou la biogénétique oblige
aussi à éluder certains de ces aspects. Il faut pourtant,comme
nous le disions dans lintroduction, pouvoir aussi les traiter,
de manière à ce que le professeur fasse un effort dans le sens
de la diffusion de la science, tout en maintenant en même temps
un minimum de rigueur. Lensemble de connaissances de bases
que nous avons choisies tourne autour des thèmes suivants : latome,
la théorie de la relativité, et la vision de lunivers qui
en découle ainsi que de la thermodynamique, celle dun univers
en expansion. Il sagit là dun pari risqué, mais fructifère
pour lélève si il est mené à bien. Lapparition de
la théorie de linformation, du fait de lincidence
quelle a pu avoir sur linformatique et la cybernétique
vaut la peine dêtre incluse elle aussi, au moins dans ses
conceptions de base. Enfin il apparaît nécessaire, pour couronner
le module, mais aussi pour son actualité, denvisager et
de débattre des incidences éthiques et écologiques que le développement
des technologies a actuellement sur nos vies et dans nos sociétés.
Considérations
supplémentaires
Il
paraît clair que la philosophie dans laquelle a été élaboré ce
module denseignement est marquée par son caractère interdisciplinaire
et que, pour les raisons que nous avons largement exposées, il
ne doit pas, dans lesprit de ceux qui lont élaboré,
être attribué de préférence à tel ou tel Séminaire. Des raisons
de conjoncture ont décidé ladministration à lattribuer
au Département de Philosophie : il y a dormi du sommeil du juste,
de la même manière que si la politique du moment avait privilégié
les Départements de Physique et de Chimie, de Sciences Naturelles
ou dHistoire. Nous croyons que cette situation doit changer
et que ce module rend possible, dans la pratique, linterdisciplinarité
dont on parle tant en théorie.
Nous
proposons, dans un souci de méthode, que ces modules soient proposés
et répartis entre professeurs de Sciences et professeurs de Philosophie.
Nous
sommes conscients du fait que le pari de linterdisciplinarité,
indispensable si lon veut incorporer lhistoire de
la science aux différentes disciplines auxquelles elle se trouve
reliée à plus ou moins grande échelle, rencontre la difficulté
de la formation à chaque discipline. Cette (dé-)formation nest
pas, cependant, propre à notre pays ; ainsi, entre 1970 et 1980,
la British Association for Science and Education, recommandant
avec insistance, dans un de ses rapports, lincorporation
dun matériel historique et philosophique dans les programmes
denseignement des Sciences, signalait : (...) "
Un des problèmes qui rend difficile cette incorporation est que
les professeurs ne sont pas préparés de manière adéquate pour
enseigner la science dans son contexte (...) Beaucoup des professeurs
diplômés (en Sciences) agissent et pensent de manière scientifique,
du fait de leur préparation, mais manquent de connaissances concernant
la nature ou concernant les objectifs basiques de la Sciences"
et, pouvons-nous ajouter, les professeurs dhistoire
ou de philosophie nont pas non plus une vision suffisamment
large et profonde des sciences pour pouvoir isoler les noyaux
essentiels propres aux sciences de chaque époque.
Il
nous paraît, pour cela, indispensable de reconnaître létat
réel de la situation car cest seulement à partir de
cette reconnaissance que lon pourra élaborer des statégies
correctrices adéquates.
Le
travail que nous proposons depuis la Fondation Canarienne de la
Orotava pour lhistoire de la science, consiste à compléter
et à faciliter la formation des professeurs du Secondaire afin
que ceux ci, forts dune plus grande confiance dans leurs
connaissances, incorporent peu à peu des questions et des sujets
relatifs à lhistoire de la science dans leurs disciplines
spécifiques, rendant possible dans le même temps lintroduction
plus généralisée des modules dHistoire de la Science dont
les programmes ont été acceptés par la Communauté Canarienne.
-
Les
cours que nous développons à la Fondation sinscrivent
au sein de ces stratégies correctrices que nous mentionnions
plus haut ; on peut trouver, dans la même ligne, les cours
que, cette année pour la dixième fois, dispense le Séminaire
de la Orotava à lInstitut Villalba Herbas ou ceux qui
ont lieu à la Faculté de Sciences Physiques et Mathématiques
de lUniversité de la Lagune.
-
La
publication dune collection de petits cahiers, qui porteront
le nom générique de matériel pour lhistoire de la
science, est, quant à elle, nouvelle, et verra le jour
dans un délai maximum dun mois ; le premier sintitule
Du Phlogiste à loxygène et, avec une cadence
de deux cahiers par an, sera suivi par un autre dont le titre
reste à déterminer mais dont le contenu aura à voir avec le
problème de la longitude, la mesure précise de laltitude
du Teide et lélaboration dune carte précise des
îles Canaries. Autre nouveauté : la mise en circulation
dune Revue hébergée par la Fondation, encore en phase
délaboration. Ces deux actions ont, entre autres objectifs,
daider le professeur dans sa formation en histoire de
la science et, bien évidemment, elles restent ouvertes à la
colaboration de quiconque le désire.
-
Une
troisième voie est celle offerte par le support informatique
et, à ce sujet, nous pouvons vous proposer un matériel installé
sur le Net, auquel on accède par lintermédiaire de notre
page web : http://nti.educa.rcanaria.es/fundoro
-
Un
réseau est aussi en phase de création, qui permettra léchange
dinformations et dexpérience en Histoire de la
Science au niveau international.
-
Sont
aussi à disposition des personnes intéressées les fonds bibliographiques
de la fondation (quelques 1500 exemplaires), situés momentanément
à lIES Villalba Hervas, et dont la destination finale
sera les rayons de notre Bibliothèque dHistoire de la
Science dans son siège définitif : le bâtiment de la FAST
dans la rue Calvario de la Orotava.