QUE
FAIRE AVEC LE DARWINISME ?
Cette
conférence envisage la manière dont un sujet d'histoire des sciences
peut servir à mettre en lumière les dimensions variées
de l'étude des sciences. Le darwinisme fournit une étude de cas
particulièrement convaincante, puisque la vie de Darwin , la période
où il a vécu et son environnement sont particulièrement bien documentés
en raison de l'abondance des sources primaires et secondaires.
Du reste, sa théorie est l'une des plus profondes de toute la
science, elle qui fournit une réponse effective à la question
"qu'est-ce que la vie?".
1
L'Approche
Biographique : une histoire du privilège
et du courage
Table1
Dates et Evènements importants de la vie de Darwin
| 1809
Naît à Shrewsbury |
Il
naît l'année de la publication de la Philosophie Zoologique
de Lamarck. Père : Robert Darwin, riche docteur. Mère
membre de la famille Wedgwood . Grand-père : Erasmus Darwin,
médecin et savant. Les Darwin étaient Whigs (libéraux),
Unitariens (i.e. critique de l'église anglicane), larges
d'esprit et, comme les Wedgwood, haïssaient l'esclavage. |
| 1818
Pensionnat à Shrewsbury |
Etude
des classiques. Darwin n'excelle pas vraiment, mais manifeste
un vif intérêt extra-scolaire pour la chimie et la chasse
au grand dam de son père qui écrit : "Vous ne vous
intéressez qu'à la chasse, et vous serez une honte pour
vous-même et pour toute votre famille. "(Desmond
and Moore, 1991, p.20) |
| 1825
il quitte le pension- et va à Edimbourg faire sa médecine
|
Edimbourg
est l'Athènes du nord, une ville cosmopolite, le coeur
nat avec deux ans d'avance de L'Ecosse des Lumières. Lors
de l'été 1825,il lit Natural History of Selbourne de Gilbert
Whites et la Zoonomia de son grand-père. |
| 1826
Déçu par les études Il médicales, il fréquente Plinian
Society |
C'était
un groupe radical qui critiquait la religion établie.
Il rencontre Robert Grant- francophile, radical, fin connaisseur
de la vie marine et des éponges et adepte de Lamarck.
De telles idées étaient dangereuses dans l'Angleterre
post Napoléonienne où la réaction contre la Révolution
Française amena une longue période de domination des Tories
en politique. Cependant Darwin évolue dans ces cercles,
parle beaucoup de radicalisme, de matérialisme et de transmutationnisme. |
| 1827
Darwin abandonne ses études médicales pour un BA degree
à Cambridge afin d'entrer dans les ordres. Darwin se destinait
au clergé. |
Darwin
à ce stade de sa vie est encore un chrétien convaincu.
Mais Cambridge est très différente d'Edimbourg. C'est
le centre de l'anglicanisme |
| 1828
Darwin rencontre Rev John Henslow (Prof. de Botan ). |
Darwin
acquit des talents évidents au contact d'Henslow. Il chassait
avec passion les coléoptères dont il avait l'une des plus
belles collections d'Angleterre. |
| 1828
- 1831 Darwin étudie les "Evidences of Christianity"
de Paley.
1831
Il obtient son BA Degree.
|
Darwin
séduit par l'analogie de l'horloger. Une montre implique
un horloger. Ainsi la nature dans ses multiples évidences
de finalité et d'intention doit impliquer un Créateur.
Donc Dieu existe. |
| 1831
Pense à un voyage à Tenerife |
Darwin
a lu les récits de voyage de Humbolt et s'enflamme à l'idée
de découvrir Tenerife. Henslow présente Darwin au Rev. Adam
Sedgwick afin qu'il acquière quelque culture géologique en
vue de ce voyage à Tenerife. |
| 1831
Darwin et Sedgwick parcourent le nord du pays de Galles. |
Darwin
fait ses débuts de géologue |
| 1831
- 1836 Voyage sur le Beagle |
Darwin
accompagne FitzRoy. Darwin pense lui-même que "Le voyage
sur le Beagle a été de loin le plus important évènement de
ma vie" . Darwin a emporté avec lui le premier volume
des Principes de Géologie de Lyell et s'est converti à l'Uniformitarianisme. |
| 6
Jan 1832 Le Beagle entre dans le port de Santa Cruz |
Le
bateau est mis en quarantaine 12 jours en raison d'une épidémie
de choléra en Angleterre. FitzRoy n'attend pas et le bateau
repart à la grande déception de Darwin. |
| 1836
Retour en Angleterre. |
Darwin
est déjà très connu des cercles scientifiques grâce aux collections
qu'il a expédiées d'Amérique du Sud. En Juillet 1837 il ouvre
le premier de ses carnets sur le transmutationnisme. |
| Oct.
1838 Lecture de Malthus |
Un
moment décisif dans la formation des idées de Darwin. . Darwin
mesure que la surfécondité de la nature conduit à la lutte
et à la compétition pour des ressources réduites et que les
variations qui aident dans cette lutte tendent à être conservées. |
| 1842
Déménage à Down House dans le Kent |
Esquisse
en 35 pages sa théorie |
| 1844
Esquisse en 200 pages confiées aux bons soins de son épouse |
Là
commencent les tergiversations de Darwin. Il voulait probablement
accumuler plus de faits, mais il
mesurait
aussi que sa théorie serait très controversée et heurterait
beaucoup de gens, sa femme compris. Ses doutes et ses angoisses
sont probablement responsables d'une mauvaise santé qui
se prolonge.
|
| Juin
1858 Une lettre de Wallace arrive chez Darwin |
Darwin
publie à la hâte L'Origine des Espèces en 1859 |
| 1871
La Descendance de l'Homme et la Sélection sexuelle. |
Darwin
y ébauche son autre contribution majeure à la compréhension
des mécanismes de sélection : la sexuelle sélection. La théorie
du choix par la femelle fut largement ignorée pendant les
100 ans qui suivirent, mais est revenue triomphalement depuis
1970. |
| 1872
L'Expression des Emotions chez l'homme et les animaux |
Darwin
y développe sa conviction de la continuité entre l'esprit
de l'animal et celui de l'homme |
| 1881
Le rôle des Vers de Terre dans la Formation de la terre végétale |
C'est
la dernière oeuvre de Darwin et, de façon caractéristique
au lieu de pontifier sur les grands thèmes, il revient à un
humble sujet. Il avait toujours été fasciné par l'action des
vers dont les actions infimes peuvent sur de longues périodes
produire de grands changements. |
| 19
avril 1882 Darwin meurt et est enterré à l'abbaye de Westminster. |
Le
lieu de sa sépulture indique que ses idées étaient alors acceptées
par les gens en place. Il souligne aussi l'influence de l'élite
scientifique en train d'émerger : Huxley et Hooker. |
Résumé
Une
étude de la vie de Darwin révèle le processus de la création scientifique
ainsi que certaines circonstances personnelles singulières qui
entraient dans la formation d'un savant au XIX° siècle .
1.
Membre d'une famille riche aux relations importantes, il avait
une solide situation financière. Plus tard dans sa vie, il acquit
une petite fortune par héritage et grâce à de fructueux investissements
en terrains et dans les chemins de fer.
2.
Un environnement intellectuel stimulant. Sa famille était libéral
et large d'esprit.
3.
Du flair (serendipity): Darwin rencontra les gens qu'il fallait
au moment où il le fallait (Grant, Henslow, Sedgwick, and Lyell)
4.
Du courage et de la persévérance. Il fallait un grand courage
pour naviguer autour du globe dans les années 1830. Darwin ne
renonça pas à poursuivre ses idées évolutionnistes malgré leurs
caractères hérétiques. Il lutta aussi contre un état maladif,
sans doute consécutif à ses angoisses .
5.
De la ténacité à rassembler des faits. Darwin montra une grande
obstination dans sa moisson d'une masse débordante de preuves.
Valeur
éducative
Les
étudiants qui trouvent la science lointaine, abstraite et dépourvue
d'humanité peuvent être séduits par l'étude de l'histoire des
sciences à travers le récit de la vie des savants.
2.
La
Construction Sociale de la Connaissance Scientifique
Le
darwinisme offre un bonne illustration de la manière dont les
connaissances et les découvertes scientifiques sont influencées
par un contexte social plus large. Le diagramme suivant met en
lumière les principaux facteurs.

Le
problème de la population pauvre urbaine
Darwin
a vécu pendant la révolution industrielle. Il fut témoin du déplacement
du gros de la population britannique des campagnes vers les villes.
Le recensement de 1831 révéla que la population de Grande-Bretagne
était de 24 millions : elle avait doublé en trente ans. Les mauvais
hivers, un habitant sur dix survivait grâce aux subsides de l'état.
Le surpeuplement des villes et la pauvreté provoquèrent une immense
misère et posèrent à l'opinion publique la question de ce qu'il
fallait faire devant le nombre grandissant de pauvres et de marginaux.
Une solution proposée par les intellectuels whigs et les malthusiens
comme Harriet Martineu était de permettre la concurrence pour
éliminer les faibles et les incapables. L'Etat n'aurait pas à
intervenir, mais devrait laisser la concurrence suivre son cours.
Ainsi en 1831, la loi instituant l'assistance aux pauvres fut
abolie. Aux yeux des Whigs cette mesure diminuerait le coût du
travail.
Malthus
et la Révolution Française
La
Révolution Française répandit la peur dans le coeur des nantis
d'Angleterre. Qu'arriverait-il si elle s'étendait aux rivages
de la Grande Bretagne ? Y faisant en partie réponse, Malthus publia
son "Essai sur le Principe de Population" en 1798 montrant
que le progrès social était impossible au delà d'un certain point
et que les idéaux égalitaires des Français étaient impraticables,
puisque la croissance de la population épuiserait toujours les
ressources, provoquant pauvreté et lutte.
Ce
fut la lecture de Malthus qui fut décisive. Elle donna à Darwin
les concepts décisifs de surproduction, lutte, compétition et
survie d'une minorité. Les idées malthusiennes étaient ouvertement
discutées dans le cercle de Darwin en 1831. Une des plus remarquables
coïncidences de l'histoire des sciences est la découverte simultanée
de la sélection naturelle par Wallace et Darwin. Wallace écrit
lui-même :
La
coïncidence la plus intéressante en la matière est, je pense,
que Darwin et moi avons été conduits à la théorie elle-même à
travers Malthus.. " (cité dans Hubbard, 1979)
Agriculture
et élevage
En
même temps qu'une révolution industrielle, la Grande-Bretagne
vivait une révolution agricole. Agriculteurs et éleveurs faisaient
l'essai de nouvelles races d'animaux et de nouvelles variétés
de plantes. Darwin lui-même entreprit d'élever des pigeons et
adhéra aux sociétés locales. Ce fut par l'élevage des animaux
que Darwin acquit sa métaphore décisive de sélection. La nature
sélectionne comme le fait un éleveur. Notons que Darwin publia
lui-même sur ce sujet La Variation des Animaux et des
Plantes sous l'action de la Domestication, 1868.
Adam
Smith et l'individualisme du "laisser faire" .
Dans
Richesse des Nations (1776) Smith montrait comment l'effet
des actions de nombreux individus poursuivant chacun un but intéressé
pouvait conduire à un ensemble harmonieux et stable. L'esprit
de "laisser faire" influença probablement Darwin. Darwin
était Whig et ses sympathies politiques correspondaient aux classes
moyennes en émergence : les entrepreneurs, les professions libérales
et les cadres. Le darwinisme comporte une analyse similaire de
la nature : le macrocosme doit se comprendre en examinant les
actions d'individualités microscopiques . Ce qui peut apparaître
comme un exemple d'harmonie et de coopération est en réalité l'effet
combiné d'intentions égoïstes. Marx et Engels mesuraient bien
cette convergence dans les idées de leur époque. En 1862 Marx
écrivait à Engels:
"
Remarquable est la façon dont Darwin reconnaît chez les
animaux et les plantes la société anglaise avec sa division
du travail, sa compétition, son ouverture à de nouveaux marchés,
ses "inventions" et la "lutte pour la vie"
de Malthus. C'est le "bellum omnium contra omnes"[
la guerre de tous contre tous] de Hobbes ... (cité dans
Hubbard, 1979)
A
un niveau plus général, il faut noter que l'évolution était dans
l'air. De nombreux penseurs spéculaient dans les années 1840 et
1850 sur l'évolution organique et sociale. Il est remarquable
que la phrase " la survie des plus aptes" si souvent
associée à Darwin est en fait d'Herbert Spencer qui l'employa
dans un essai écrit en 1851 à propos de la croissance de la population
humaine. Tout comme Darwin a emprunté ses idées à une culture
plus large pour les façonner et les employer avec une bonne efficacité
scientifique, ses idées ont aussi été fort aisément réinvesties
sous la forme du darwinisme social.
La
Royal Navy et les voyages d'exploration
La
Grande-Bretagne des années 1830 était une puissante nation maritime.
Sa richesse dépendait du commerce et de l'exploration. Ce sont
de telles préoccupations qui provoquèrent la mission du Beagle:
étudier la côte de l'Amérique du Sud. Le navire emportait aussi
à son bord un naturaliste et de l'équipement scientifique. L'expansion
de l'empire et le catalogage de la nature étaient des aspects
d'une même mentalité colonisatrice.
Le
rôle des sexes à l'ère victorienne
Il
est aisé de voir, spécialement dans La Descendance de l'Homme
et la Relation Sexuelle (1871), que Darwin adhérait à l'idée
que la division selon les sexes du travail et des compétences
des hommes et des femmes de l'ére victorienne était quelque chose
de naturel :
"La
différence essentielle entre la puissance intellectuelle des
deux sexes apparaît dans le fait que l'homme atteint, dans
ce qu'il entreprend, à une compétence plus grande que
ne le peut la femme, que cela requière pensée profonde, raison,
imagination, ou simplement emploi des sens et des mains...
Il faut que la puissance mentale moyenne chez l'homme soit
supérieure à celle des femmes .."
George
Romanes, adepte fervent de Darwin, exprimait des vues similaires
:
"
La femme est encore regardée par l'opinion publique dans
le monde entier comme une plante psychologique à croissance
fragile qui a besoin d'être protégée des rudes assauts de
la vie en société dans les pépinières de la civilisation.
Sans
recourir à des considérations anatomiques et physiologiques
qui barrent a priori tout argument en faveur de l'égalité
naturelle des sexes..., il suffit de répéter que des femmes
par dizaines de milliers ont bénéficié de conditions d'éducation
et de conditions sociales bien meilleures qu'un Burns, un
Keats, ou un Faraday; et pourtant nous n'avons ni entendu
leurs voix, ni vu leur travail...
nous
pouvons prédire avec assurance que, même dans les conditions
les plus favorables pour les développer et même en supposant
que l'esprit de l'homme demeure inchangé, ...il faudra de
nombreux siècles à l'hérédité pour produire les cinq onces
qui manquent au cerveau féminin" (Romanes, 1887)
Valeur
éducative
A
travers cette analyse les étudiants découvrent que la science
ne se situe pas dans un vide culturel. La science est portée par
une culture plus large; les savants utilisent les ressources (intellectuelles
et matérielles) de cette culture plus large et contribuent à cette
culture à leur tour.
Questions
pour une discussion: Est-ce que la valeur de vérité d'une
théorie est plus ou moins mise en question par la mise en évidence
d'influences sociales ?
3.
Darwinisme
et philosophie des sciences
3.1
Science
et Créationnisme
Aux
USA les fondamentalistes religieux ont adopté au moins 4 tactiques
1..Bannir
l'enseignement de l'évolution: c'est le cas au Tennessee (1925)
- depuis le procès Dayton -, au Mississippi (1926), dans l'Arkansas
(1928) et au Texas (1929)
2.
Présenter le créationnisme comme la science créationniste et demander
qu'en tant que science elle soit enseignée en parallèle avec le
darwinisme.
3.
Déclarer que l'évolution est seulement une théorie sujette à controverse
(L'Alabama en 1995 vota une loi obligeant les livres de
biologie à comporter un encart présentant l'évolution comme objet
de controverse).
4.
Ecarter l'évolution des examens officiels (Kansas, 1999)
1.
En 1968, la Cour Suprême des Etats-Unis invalida le choix de l'
Arkansas sur la base du premier amendement. La loi fut déclarée
inconstitutionnelle : l'enseignement n'avait pas à être adapté
aux besoins d'un groupe religieux particulier.
2.
En 1987 la Cour Suprême des Etats-Unis déclara la loi créationniste
de Louisiane inconstitutionnelle : la science créationniste avalisait
la religion.
Objet
de discussion
L'évolution
est-elle une fausse science puisque personne n'a réellement observé
ce qu'elle décrit ?
L'évolution
est-elle une théorie ou une réalité ?
3.2
L'Evolution
des Mémes

Considérons
une fois encore les quatre conditions minimales pour pouvoir parler
de sélection naturelle :
1.
Il existe dans le monde des entités capables d'autoreplication.
2.
Le processus de replication n'est pas parfait. Il se produit
des erreurs et la copie n'est pas parfaitement conforme à son
original.
3.
Le nombre de copies possibles de ces entités dépend de l'interaction
entre la structure de ces entités et le monde extérieur, comme
par exemple de leur aptitude à en accaparer les ressources.
4.
En conséquence de la nature finie des ressources, des espaces
où elles agissent, etc., ces entités ont une efficacité à se
reproduire différente, i.e. certaines ont des structures plus
favorables que d'autres au processus d'autoreplication.
Il
est facile de comprendre que les entités ci-dessus peuvent ne
pas être des brins d'ADN. Il est plus que surprenant de s'apercevoir
que ces entités n'ont pas nécessairement une existence matérielle;
elles peuvent, en bref, être des idées existant et passant d'un
cerveau à un autre.
[Dessin]
LA
PROFONDEUR DU DARWINISME
QUI
SOMMES-NOUS ?
Un
primate. Homo sapiens.
Un
singe nu, mis là sans explication, fixant les étoiles, implorant
une destinée
D'OU
VENONS-NOUS ?
Nos
parents.
Nos
ancêtres.
Homo
habilis. Homo erectus. Australopithèque.
Des
mammifères comme des singes parcourant les plaines d'Afrique il
y a environ 7 millions d'années.
Des
mammifères comme des petits rongeurs ayant survécu à l'extinction
des dinosaures il y a 65 millions d'années.
POURQUOI
SOMMES-NOUS LA ?
Les
ancêtres dont nous descendons nous ont laissé des copies de leurs
gènes; personne ne descend d'un ancêtre infertile.
Les
gènes que nous avons hérité de nos ancêtres les rendaient capables
de survivre et de laisser des copies d'eux-mêmes.
Ces
réponses sont-elles adéquates, satisfaisantes, contraignantes
?
4.
L'impact
du darwinisme sur la pensée politique
"Ceux qui oublient l'histoire sont
condamnés à la répéter." (Santayana)
4.1
Darwinisme
social
1.
L'évolution, si on la laisse se dérouler, est progressive et conduit
à une élévation graduelle des possibilités de l'homme.
2.
L'évolution engendre des profits enviables si on ne cherche pas
à la contrôler. Il s'ensuit que le rôle spécifique de l'état est
de laisser faire. Spencer, par exemple, poussa cela si loin qu'il
soutient que l'état ne devrait pas créer d'écoles ni même bâtir
de phares.
4.2
L'eugénisme
a fleuri en Grande-Bretagne de 1880 à 1930, en Allemagne de
1930 à 1945 et aux USA de 1910 à 1950. L'eugénisme a lui-même
deux faces :
1.
L'eugénisme positif : l'amélioration de la banque de gènes
ou du stock de la nation en encourageant les gens normaux et en
bonne santé à se reproduire.
2.
L'eugénisme négatif : l'élimination des déficients génétiques
par la stérilisation ou la mort.
I.
Le darwinisme social est-il une philosophie politique saine ?
S'il ne l'est pas, qu'a-t-il de mauvais ?
2.
Qu'y a-t-il de mauvais dans une politique d'eugénisme en termes
de
a)
Moralité
b)
Efficacité pratique
3.
L'eugénisme revient-il par la porte de derrière avec les examens
prénataux des défaillances génétiques ?
Références,
lectures pour aller plus loin, sites web
Bowler,
P. (1982) Evolution : The History of anIidea, Berkeley, Los Angeles
and London, University California Press.
Cartwright,
J. (2000) Evolution and Human behaviour, Darwinian perspectives
on human nature. London Macmillan
Darwin,
C. (1859) On the Origin of Species by Natural Selection. London,
John Murray.
Dawkins,
R. (1976) The Selfish Gene, Oxford University Press
Dawkins,
R.(1986) The Blind Watchmaker. London, Longman.
Desmond,
A, and J. Moore (1991). Darwin. London, Michael Joseph.
Une
biographie vivante et extrêmement bien écrite de Darwin. Pas vraiment
sur l'Evolution, mais une analyse fouillée du contexte social
des idées de Darwin.
MacKenzie,
D. (1976). "Eugenics in Britain". Social Studies of
Science 6 : 499-532.
Midgely,
M. (1978) Beast and Man, the biological roots of human nature,
Methuen
Oldroyd,
D. R. (1980) Darwinian Impacts : an introduction to the Darwinian
revolution. Open University Press.
Richards,
J. R. (1987) Darwin and the emergence of evolutionary theories
of mind and behaviour, University of Chicago Press, Chicago and
London.
Ridley,
M. (1996) The origins of Virtue. London, Viking (Penguin Group).
Web
sites
http:/www.lib.cam.ac.uk/Departments/Darwin/calintro.html
La correspondance de Darwin
http://www.1.umn.edu/ships/
Beaucoup de références en histoires des sciences (Renvois vers
la sociologie, l'histoire et la philosophie de sciences).
www.bshs.org.uk
Le site de la British Society for the History of Science. De nombreux
liens.
http://depts.washington.edu/hssexec/
Le site de l'American History of Science Society.
http;//www.man.ac.uk/science_Engineering/CHSTM
Le centre pour l'histoire des sciences, de la technologie et de
la médecine de Manchester.
http;//www.wku.edu/~smithch/index1.htm
La page d'Alfred Russell Wallace
http://www.ucmp.berkeley.edu/history/evolution.html
Un bon fond pour l'histoire de l'évolution, pensé avec des biographies.
http://157.242.64.83/HBES/websites.htm
De nombreux liens ici, une partie du site de la Human Behaviour
and Evolution Society.
http://www.world-of-dawkins.com/headlines.htm
Le site non officiel de Dawkins, mais bien construit, avec de
nombreux liens vers des sites utiles et les développements récents.