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Documentation pour l'Histoire des Sciences
Cynthia Burek
Chester College

TABLE DES MATIÈRES

Résumé

Introduction

Le temps géologique

Le temps relatif

Les principes

L'échelle stratigraphique

Le temps absolu

La datation radioactive

Atelier

HISTOIRE DE LA STRATIGRAPHIE ET DE L’ÂGE DE LA TERRE À LA FIN DU 18e SIÈCLE

L’UTILISATION DE L’HISTOIRE DE LA GÉOLOGIE DANS L’ENSEIGNEMENT DU TEMPS GÉOLOGIQUE

Résumé

Personne n’a pu ignorer les célébrations mondiales qui ont accompagné le début de l’année 2000. Pourquoi cette date a-t-elle provoqué tant d’intérêt ? Était-ce à cause du bogue du millénaire ou était-ce à cause du nombre 2 000 ? Il paraît opportun d’étudier 1 000 années et la grandeur de temps qu’elles représentent réellement au regard de la géologie. La géologie est la seule science à utiliser le temps comme unité. C’est aussi la science qui est la moins enseignée à l’école. Il semble donc judicieux d’examiner l’histoire de l'échelle géologique, comment elle a évolué, avec qui et où et comment la perception de l’âge de la Terre a changé avec les siècles. Cette conférence présente aux étudiants l’histoire de la prise de conscience de l’espace et du temps à travers l’histoire et comment les scientifiques ont changé leur théorie avec l’avancée des connaissances, les voyages, le travail de terrain, et les inventions technologiques. De nouvelles idées ont émergées ainsi qu’une nouvelle terminologie.

Introduction

La géologie est une des seules sciences à étudier les quatre dimensions. C’est aussi la science qui est le moins enseignée à l’école. Par conséquent la conférence commence par regarder, littéralement, quelle est la longueur du temps géologique, c’est-à-dire l’âge de la Terre. Il est difficile de comprendre la longueur du temps concerné : on utilise donc des analogies prises dans le quotidien. Les sens visuel, auditif et tactile sont utilisés pour éveiller la conscience à ce difficile problème. En second lieu, l'échelle stratigraphique géologique est utilisée pour illustrer l’histoire des débats entre les scientifiques sur l’âge de la Terre et comment cette échelle de temps relative a pu être utilisée pour dater la matière Terrestre. Ce texte introduit deux concepts auprès des étudiants : premièrement, l’histoire de l’exploration du temps géologique et deuxièmement, comment la perception du temps de la Nature a changé à travers l’histoire, mettant en lumière le fait qu’il y a une différence entre l’âge et le temps.

Ces sujets seront illustrés plus avant par le voyage d’étude sur le volcan du mont Teide.

LE TEMPS GÉOLOGIQUE

Il y a deux façons d’approcher le temps géologique, une façon relative et une façon absolue.

Première partie interactive

Ceci concerne l’auditoire.

1 – Demander à l’auditoire d’écrire sur une feuille de papier la plus vieille chose qu’il possède. Faire une récapitulation orale.

2 – Deux personnes, d’un âge manifestement différent, sont choisies ; on demande ensuite aux auditeurs de noter les raisons pour lesquelles l’une est plus âgée que l’autre et ensuite d’en débattre avec son voisin ou de porter la discussion à l’ensemble du public. Demander d’abord aux gens si ça leur est égal de servir de cobayes !

3 – Deuxièmement, demander à l’auditoire de déterminer comment il mettrait effectivement des chiffres à l’âge de la personne. Si possible, demander aux deux personnes leur âge ou leur date de naissance ; ils n’en sauront probablement pas l’heure. On prendra donc 12 h 00 (midi). Puis, demander au public de calculer leur âge en années, jours et ensuite en heures. Ceci amène au concept d’échelle et se rapporte directement au sablier ou au tic-tac du réveil.

À la fin de la séance, vous demanderez aux participants d’ajouter un à l’âge qu’ils auront calculé.

Personne 1= âge x 365 (jours dans une année) + (différence entre le chiffre du jour dans le mois de naissance et la date du jour) x 24 (heures par jour ; vous devrez en ajouter s’il n’est pas midi) = a

Personne 2 = âge x 365 (jours dans une année) + (jour dans le mois de naissance) x 24 (heures par jour) = b

Ex. : David a 25 ans et est né le 1er du mois. Aujourd’hui, nous sommes le 8 du mois et il est midi.

David a donc 25 x 365 + 7 jours x 24 pour les heures = 219 168 heures.

Ceci confronte les étudiants à des nombres très grands mais ils ne se sentent pas perdus puisqu’ils peuvent établir des rapports avec. À la fin de la séance, ajouter un.

Au cours du 19e siècle, les géologues ne pouvaient reconstituer qu’une échelle du temps relative. L’âge réel de la Terre et le temps qui s’est écoulé depuis sa naissance (en millions) est resté inconnu jusqu’au début du 20e siècle. Le tableau 1 présente les principaux acteurs de l’histoire.

 LE TEMPS RELATIF

 L'échelle géologique

L’élaboration de l’échelle chronographique ou colonne stratigraphique est considérée par certains scientifiques comme l’événement le plus déterminant pour la géologie. Son élaboration a commencé au cours de l’âge héroïque de la géologie – à la fin du 18e siècle. Un premier but a été atteint pour la géologie quand un standard mondial a été établi pour une échelle du temps dans laquelle on placerait les matières terrestres. La plupart des divisions ont été mises en place sur une période d’une cinquantaine d’années dans la première moitié du 19e siècle (voir figure 1). La plupart des systèmes ont été établis à partir de l’étude des relevés stratigraphiques effectués en Europe et furent tout d’abord définis par la lithologie ou les types de roche. Un exemple de ceci est le Triassic, divisé en trois parties par Von Alberti en Allemagne, en 1834. L’élaboration de l'échelle stratigraphique a été approfondie par Murchinson qui, en 1835, définit son système silurien utilisant les fossiles comme référence. Ceci a peut-être aidé Darwin, plus tard, à éclaircir ses idées. Il faut cependant rappeler que William Smith, l’ingénieur en canaux, avait déjà publié une carte géologique de la Grande-Bretagne en 1815 et avait adopté une approche globale basée sur tous les éléments observés.

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L'échelle stratigraphique est maintenant universellement reconnue, le tableau 2 présente le nom de chaque unité de temps. La seule exception porte sur le Carbonifère nommé en premier en Grande-Bretagne après la découverte des immenses gisements de charbon. Toutefois il n’y a que la moitié haute de cette période qui contient du charbon. Sa partie basse étant composée de limons marins, l’USGS, en 1953, a redivisé le système en Mississippien et Pennsylvanien. Mais cette terminologie n’est répandue qu’en Amérique et non en Europe.

L’échelle chronostratigraphique est une récapitulation de toutes les connaissances stratigraphiques, ainsi il n’y a pas une section de falaise ou de carrière sur la Terre qui échappe aux unités. C’est la base de toutes les cartes géologiques et de leurs dérivés. Constituant une partie si importante des études en géologie, l’élaboration de l'échelle stratigraphique au cours des 18e et 19e siècles a suivi les idées et l’ouverture des perspectives géologiques sur l’âge de la Terre.

Ce cours d’histoire de la géologie approchera cela de deux manières.

Tout d’abord de manière relative en étudiant les idées du temps comparatif, se servant pour cela des cinq grands principes utilisés en stratigraphie.

  • Le principe de superposition.
  • Le principe d’uniformitarisme
  • Le principe de la succession de la faune (identité paléontologique).
  • Le principe de recoupement/.
  • Le principe d’inclusion.

Il sera ensuite étudié l’histoire de l’usage du temps absolu en géologie.

Cette seconde partie sera achevée par le débat sur l’âge de la Terre – se servir des calculs de l’archevêque Ussher et de la Bible – puis de Lord Kelvin, la découverte de la radioactivité et ses applications à ce débat par Ernest Rutherford. De là, on abordera l’usage et les limites des demi-vies des éléments radioactifs.

LES PRINCIPES

Les principes de la stratigraphie sont employés par la plupart des scientifiques concernés.

  • Le principe de superposition

Un aperçu du travail de Steno (1638 – 1687).

Steno est né à Copenhague comme Neils Steensen. Il y a étudié la médecine et l’anatomie ainsi qu’à Paris. Il voyagea un peu partout et finalement devint le physicien de la cour du grand duc Ferdinand II à Florence.

Ses observations se sont basées sur la comparaison entre des dents de requin contemporaines et fossiles. Il a travaillé dans les montagnes de la Toscane et s’est rendu compte que les sédiments s’étaient déposés dans un océan primitif.

Il exposa ses idées sur les rapports entre les strates dans De solido intra solidum naturaliter contento dissertationis prodomus (1669).

" Lors de la formation de chacune des couches, la matière la recouvrant était liquide, par conséquent, quand la plus basse couche s’est déposée, aucune couche supérieure n’existait encore.

Quand chaque couche s’est formée, sa face inférieure et celle de ses côtés, correspondaient à l’intérieur et aux côtés du corps.

... les couches qui sont, soit perpendiculaires, soit inclinées par rapport à l’horizontal, en ont été parallèles dans un autre temps".

De ces observations nous obtenons le principe de superposition, schématiquement, ce qui se trouve sur le dessus est le plus jeune.

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Figure 2 Quel est le dépôt le plus jeune dans ce diagramme ?

  • Le principe de l’uniformitarisme

Le travail de James Hutton

James Hutton est né à Edinbourgh en Écosse où il a étudié le droit puis la chimie et la médecine à l’université. James Hutton ne pratiqua jamais la médecine, au lieu de cela il étudia les techniques de polyculture perfectionnée dans le Norfolk en Angleterre. Là, de nouvelles idées scientifiques sur l’agriculture était développées au long des clôtures des champs.

Une expérience de première main du cycle des récoltes et l’amélioration du transport par route a permis a Hutton de ramener ses idées à Berwickshire en Écosse et de les appliquer aux terres dont il avait hérité. C’est à partir de cette époque du Norfolk que l’on peut voir l’intérêt de Hutton pour les pierres et les mineraux. Ses idées en géologie ont évolué et se sont épanouies après qu’il fut parti pour Edinbourg, mais ce temps passé dans le Norfolk et à Berwickshire est important dans son cheminement et son observation des structures et sections géologiques. Il se rendit compte que l’érosion marine qu’il voyait à l’œuvre sur les côtes d’Angleterre et d’Écosse et les intrusions de granit dans les autres roches appelaient une explication et que le temps qu’il avait fallu pour que ce phénomène se produise devait être plus long que les 6 000 ans admis à l’époque comme étant l’âge de la Terre. Hutton croyait en l’observation suivie de la théorie et l’explication. Les observations qu’il a faites sur l’île d’Arran en 1787 et à Siccar Point (voir figure 3) en 1788 sont connues dans le monde entier. Il nous a laissé l’axiome : " Le présent est la clef du passé. "

À partir de ses observations, il développa l’idée des inconformités (comme montré dans la figure 3) qui nécessitaient une immense quantité de temps pour qu'elles se produisent. Le procédé impliqué dans leur formation c'est-à-dire leur dépôt, suivi d’une surrection, d'un plissement, puis de l'érosion, un affaissement et un dépôt en plus, devaient prendre du temps et les observations de Hutton lui indiquaient que 6 000 années n’étaient pas assez longues pour que ceci se produise.

Comme il le disait lui-même : " L’objet de cet exposé est de faire une estimation avec respect pour le temps depuis lequel le globe terrestre existe en tant que monde nourrissant plantes et animaux... Les parties solides du terrain actuel apparaissent, en général, être issues de la production de la mer... En conséquence nous sommes fondés à conclure...deuxièmement. Que, avant que le terrain actuel soit tel qu’il est, subsistait un monde fait de mer et de terre dans lequel il y avait des marées et des courants, et une activité intense au fond de la mer pour obtenir ce qu’il y a maintenant. Et : Pour finir, pendant que le terrain actuel était en formation au fond des mers, les terres formées entretenaient plantes et animaux, la mer abritait des animaux, de la même manière qu’aujourd’hui. "

Résumé d’un exposé, 1785.

" Cette Terre, comme le corps d’un animal est abîmée en même temps qu’elle se répare. Il y a une phase d’accroissement et d’expansion, il y a une autre phase qui est celle du rétrécissement et du déclin "... " Nous ne trouvons ni de traces d’un début ni de perspective pour une fin. "

 Théorie de la Terre, 1795.

Les idées de Hutton furent publiées à une époque où troubles politiques et controverses étaient redoutés. Il avait aussi un style d’écriture difficile. Sa " Théorie de la Terre " s’élevait à 1 204 pages. Six chapitres supplémentaires furent trouvés un siècle plus tard.

Tout ceci conduisit à ce que ses idées initiales soient rejetées par beaucoup. Ainsi que le déclare Humphrey Davy (1805) : " Le docteur Hutton est obscur, et troublé par la multitude des faits qui assaillent son esprit. " Cependant, son ami de longue date, John Playfair, traduisit ses idées en anglais lisible en 1802 sous le titre de " Illustrations de la Théorie huttonienne ", ceci cinq ans après sa mort.

Pour résumer, la géologie huttonienne s’appuie sur le concept de la continuité des processus naturels se déroulant sur des longueurs de temps qui sont infiniment grandes par rapport au court temps de la vie humaine.

L’affaissement et l’érosion du sol créent des sédiments qui sont entraînés par l’eau dans la mer. La chaleur interne de la Terre les transforme en roches.

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Figure 3 Siccar Point

  • Le principe de succession de la faune (identité paléontologique)

Les travaux du baron Georges Cuvier (1769 – 1832) et de William Smith (1769 – 1839).

Le baron Georges Cuvier est né à Montbéliard en 1769 dans ce qui était à l’époque le duché du Wurttemberg et devint l’Allemagne au siècle suivant. Cependant, suite à la Révolution française, Montbéliard fut annexée par les Français et Cuvier devint Français. Il suivit ses études à Stuttgart où il reçut une large éducation et devint parfaitement à l’aise en allemand. Cela lui fut fort utile plus tard quand il vint à Paris comme quelques-uns de ses collègues, il pouvait indifféremment parler en français ou en allemand. À cette époque le français était la langue dominante, comme l’est l’anglais aujourd’hui. Cela lui permis de s’ouvrir à la littérature scientifique de l’ensemble de l’Europe centrale.

Cuvier a toujours porté un intérêt à l’histoire naturelle depuis qu’il était jeune homme et par la suite, après son tutorat en Normandie, il s’arrangea pour obtenir, après la Terreur de la Révolution française, un travail comme jeune assistant au Museum d’histoire naturelle où il élu ses domiciles scientifique et domestique pour le reste de sa vie.

De nombreuses publications suivirent sur l’anatomie comparée des invertébrés marins puis des mammifères. Il travailla sur les trois espèces d’éléphants et sur le fait que les mammouths n’étaient reliables à aucun d’eux et qu’ils avaient disparu à cause d’un bouleversement. Il mit en avant l’importance de l’anatomie comparée en tant qu’outil pour fonder la théorie de la Terre.

Son travail empirique avec Brongniart sur l’alternance entre eau douce, et fossiles marins et sédiments dans le bassin parisien et son analyse rigoureuse et assidue de ces coquilles fossiles l’amenèrent à défendre la survenue d’événements catastrophiques pour expliquer le phénomène géologique.

Le fait qu’il ait découvert toute une faune de mammifères disparus qui étaient différents de ceux vivant actuellement était sa première préoccupation. La cause physique qui en découlait passait en second plan pour lui. Cuvier considérait les catastrophes comme une part de l’Ordre naturel, et elles se sont produites à maintes reprises au cours de l’histoire de la Terre. En conséquence, nous avons une succession de la faune.

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Figure 4 Un exemple de Cuvier sur l’inconformité et la succession de la faune.

William Smith est né à Churchill, Oxfordshire, dans une famille d’un type tout à fait opposé à celle d’une famille d’outre-Manche, mais la même année que Cuvier. Il était le fils d’un maréchal-ferrant de village qui mourut alors qu’il était un jeune garçon. Il dut se prendre en charge très tôt et eut une formation de géomètre. En ces temps de canaux, les constructions étaient nombreuses en Grande-Bretagne et Smith fut employé par les compagnies dans cette course.

C’était un observateur attentif et il se rendit compte que les couches de faune se succédaient l’une après l’autre en séquences précises. Il devint suffisamment assuré pour déduire les types des roches à partir des fossiles qu’elles contenaient. Son travail l’a amené à beaucoup voyager, parcourant quelques 16 000 km par an, ce qui représentait une belle distance en ces temps où l’on se déplaçait principalement à cheval ! Il fit ensuite la première Carte géologique de l’Angleterre et du Pays de Galles et d’une partie de l’Écosse, en 1815. En 1819, il publia une partie de ses travaux sous le titre L’identification des strates par l’organisation des fossiles. Toutefois, William Smith n’a jamais été confiant dans son écriture et il n’a jamais rejoint une société scientifique. Sa plus grande contribution a été son champ d’observation et la synthèse qu’il en fit dans une carte géologique.

Ces trois principes s’appliquent aux strates sédimentaires. Deux autres principes sont aussi utilisés : les principes de recoupement et d’inclusion.

L'ÉCHELLE STRATIGRAPHIQUE

Tableau 2

 La première période stratigraphique a être reconnue a été le Tertiaire, en 1760 par Arduino, un spécialiste de l’exploitation minière dans la République de Venise. Il distingua quatre paliers ou ordres distincts les uns au-dessus des autres. C’étaient le Primaire, le Secondaire, le Tertiaire et Quaternaire, respectivement les hautes Alpes, les basses Alpes, les basses Alpes sub-alpines et la plaine du Pô. Le second, le Jurassic, dont le nom est bien connu maintenant, a été ainsi appelé par Von Humbolt en 1795 – l’année même où James Hutton publiait sa " Théorie de la Terre " en Écosse – en référence aux travaux qu’il avait accomplis dans les montagnes du Jura en France. Tant que la révolution sociale pesa sur le développement d’idées neuves en matière de stratigraphie, aucun système nouveau ne fut reconnu.

Après le traité de Versailles en 1815, le temps relatif fut de nouveau en débat. En 1822, le Carbonifère fut identifié dans le nord de l’Angleterre par Conybeare et Philllips, et au même moment d’Halloy identifiait le Crétacé.

La majorité des noms donnés aux périodes ont ensuite été inventés. La dernière section stratigraphique a être identifiée est l’Ordovicien en 1879 après le long débat, pour ne pas dire la dispute, qui opposa Sedgwick et Murchison au Pays de Galles. Une fois que l'échelle stratigraphique fut complète, la nature des sections pouvait être admise ou discutée.

LE TEMPS ABSOLU

Introduction

Le temps absolu dut attendre la découverte de la radioactivité en 1896 par Antoine-Henri Becquerel et plus tard la mise en évidence que le radium irradiait toujours par les Curie et Laborde en 1903.

La suggestion de Lord Rutheford, en 1903, d’utiliser les éléments radioactifs pour dater les roches était révolutionnaire. Et Strutt démontra que les éléments radioactifs étaient dispersés dans les minéraux à travers toute la roche. En 1907, Bertram Borden Boltwood suggéra que la période de désintégration de l’uranium dans le charbon pourrait être utilisée pour dater effectivement les roches. Ainsi, plus le pourcentage de charbon dans un minerai sera élevé, plus la roche sera ancienne.

Avec ces nouvelles méthodes de datation radioactive, les géologues ont pu étalonner l’échelle relative du temps géologique et créer ainsi une échelle du temps absolu. Arthur Holmes fut le premier géologue à construire une échelle du temps (1927) basée sur la datation radioactive, il en a été construit de nombreuses autres depuis pour le Cambrien (Phanerozoïque GK. L’apparition claire de la vie). On affine encore cette échelle de nos jours où l’on dispose de plus de données sur les isotopes.

LA DATATION RADIOACTIVE

Les techniques de datation radioactive se sont développées au début du 20° siècle, elles utilisent la période de désintégration d’un instable, des éléments radioactifs tels que l’U235, K40, Rb87 ou le C14 dans le produit de leur désintégration obtenu en un seul palier ou en une succession de paliers. Ces éléments sont comme des horloges virtuelles au cœur des roches de la Terre et les gardiens du temps pour les géologues.

Cette désintégration s’accompagne d’une émission à partir du noyau de radiations ou de particules (rayons alpha, bêta ou gamma), soit à cause de la capture nucléaire, soit à cause de l’éjection des électrons orbitaux.

Donc de la chaleur se dégage, et ceci fut un point important lors de la conférence de Ernest Rutheford quand il débattait de l’âge de la Terre en compagnie de Lord Kelvin à la Société géologique de Londres. Si un produit de désintégration est stable, il s'accumule jusqu’à ce que l’isotope parent soit complètement désintégré. Si l’isotope est aussi radioactif, l’équilibre est atteint quand il disparaît aussi vite qu’il se forme.

La radioactivité d’un élément est définie en demi-vie, le temps qu’il faut à un élément pour perdre 50% de son activité par désintégration.

Diagramme

Il peut couvrir une grande échelle de temps, de billions d’années aux micro-secondes. À la fin de la période représentant une demi-vie, la moitié de ce qui reste est de nouveau divisé en deux, laissant ainsi le quart de la quantité initiale et ainsi de suite. Chaque élément radioactif a sa propre demi-vie, par exemple, le C14 a 5 730 années.

Les limites

Il y a cependant quelques limites à la datation radioactive.

  • La structure cristalline des minéraux constituant les roches doit contenir des éléments radioactifs convenables.
  • Les roches doivent avoir un âge adéquat aux demi-vies connues.

Ainsi, il n’est pas utile d’essayer de dater une coquille d’un million d’année avec du C14 alors qu’il n’y avait plus de C14.

De même, il n’est pas bon d’essayer de dater du grès pur constitué uniquement de quartz, SiO2, avec la méthode de l’U235, car le quartz ne contient en principe pas d’uranium !

Conclusion

Un des scientifiques les plus connus au monde est sans doute Charles Darwin. Ce qui est moins connu, c’est qu’il a commencé comme géologue. John Cartwright vous parlera un peu de son travail. La compréhension de l’évolution de la perception du temps relatif et absolu par l’homme, et de l’âge de la Terre nous ont aidés à comprendre le contexte dans lequel nous sommes, sur la planète oùv nous vivons.

Notes

De même que la conférence, les parties interactives 2 et 3 seront approfondies dans les ateliers. Il est souhaitable que trois des cinq principes soient illustrés sur le terrain du volcan El Teide. Toutefois, il est possible d’utiliser un site urbain en se servant des pierres des constructions, par exemple pour illustrer le principe de superposition

BIBLIOGRAPHIE

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Rudwick M.J.S., (1997), Georges Cuvier, fossil bones and geological catastrophes, University of Chicago Press, ISBN 0226731073

ATELIER

Matériel nécessaire :

  • un réveil très sonore et un chronomètre d’une heure ;
  • si c’est possible, un sablier ;
  • une ficelle graduée à divers intervalles correspondant aux événements saillants qui ont marqué la Terre ;
  • deux membres du public (si cela n’a pas déjà été fait lors de la conférence) ;
  • le dessin d’une coupe géologique.

Présenter au public les deux manières de voir le temps géologique.

Les deux derniers principes seront bien illustrés par le terrain du mont Teide et par l’exercice d’atelier.

  • Le principe de recoupement.
  • Le principe d’inclusion.

Il sera possible d’illustrer au moins l’un d’eux par une excursion sur le terrain. On montrera comment on peut illustrer cela dans un environnement urbain à l’aide des fenêtres et des portes d’un bâtiment.

Ateliers

Activité 1

Exercice de la ficelle

La ficelle et les dates significatives peuvent être différentes selon le pays dans lequel cet exercice est effectué (ex : Black Death). Il est évident que les événements placés sur l'échelle peuvent varier entre la Grande-Bretagne et, par exemple, l’Espagne ou la Grèce.

Utiliser une échelle de 1 centimètre pour 1 000 années. Comme nous serons en 2001, ce sera significatif.

Evénements Nombre d'annes
Aujourd’hui

0

La naissance de Jésus-Christ

2,000

Âge de la Terre selon l’archevêque Ussher

6,000

Fin de la période glaciaire en Europe du Nord

10,000

Traces du premier homo sapiens en Europe

500,000

Ténérife

8 500,000

Grande Canarie 1

3 500,000

Extinction des dinosaures

65 000,000

Âge de la Terre selon Lord Kelvin (1846)

100 000,000

Âge de la Terre selon Lord Kelvin (1866)

200 à 400 000,000

Apparition d’algue multicellulaire dans des empreintes fossiles

2 100 000,0000

La plus vieille roche sur Terre

3 800 000,00

Naissance de la Terre

» 4 600 000,000

Activité 2

Exercice sur la Bible

Les scientifiques de la Nature se sont efforcés, tout au long des 16e et 17e siècle de connaître l’âge de la Terre, et beaucoup de calculs ont été faits. Mais, en 1658, l’archevêque Ussher calcule une date que l’ensemble du monde chrétien semble initialement accepter. Comment l’archevêque Ussher d’Armagh a-t-il trouvé le 26 octobre 4004 avant Jésus-Christ, en 1658 ?

Pour commencer, une analyse du premier livre de l’Ancien Testament semble tout indiquée. Le début de la Genèse décrit la Création puis passe en revue détaillée Adam et ses descendants. Les étudiants essaieront de calculer le nombre d’années que cela représente dans l’Ancien Testament.

Une discussion s’engagera ensuite sur pourquoi il peut y avoir des décalages – y compris entre les résultats obtenus par les différents groupes ! – avec le calcul de l’archevêque Ussher. En quoi d’autre ce temps peut-il intéresser les scientifiques et sur quoi les erreurs se sont-elles produites et où ?

Activité 3

Exercice sur le dessin en coupe d’une sectio

Trouver la séquence de la section géologique et définir les principes qui peuvent être appliqués aux dates suivantes :
1000AD
1500AD
1832AD

Tableau 1 liste des principaux acteurs

Noms Dates Nationalité/lieu de travail
Leonardo di Vinci  1452-1519 Italie/Apennines,  Italie du nord
Archbishop James Ussher  1581-1656 Irlande, âge de la terre (bible)
Robert Hooke  1635-1703 Anglais/idées sur la succession
Nicholaus (Neils) Steno  1638-1687 Dane/Italie
G. Arduino  1714-1795 Italien/Venise
James Hutton  1726-1797 Ecossais/Ecosse
Alexander von Humboldt  1769-1859 Allemand
Georges Cuvier  1769-1832 Français/ Bassin parisien
William Smith  1769-1839 Anglais/Anglaterre
William Buckland  1784-1846 Anglais
Adam Sedgwick  1785-1873 Anglais/ Anglaterre et nord du Pays Gales
Roderick Murchison  1792-1871 Anglais/ Sud du Pays de Gales
Charles Lyell  1797-1875 Ecossais/Angleterre
Lord Kelvin  (William Thomson) 1824-1907 Ecossais
Archibald Geike 1835-1924 Ecossais/Ecosse
Charles Lapworth  1842-1920 Anglais/Centre du Pays de Gales
Pierre Curie  1859-1906 Français/Paris
(Lord Rayleigh) Ernest Rutherford 1871-1937 Anglais
Arthur Holmes  1890-1965 Anglais
James Croll  1921-1990 Ecossais/Ecosse

Tableau 2  L'ÉCHELLE STRATIGRAPHIQUE

1970Neogene

Quaternary

Néogène:

Quaternaire

Neogeno:

Cuaternario 

1829 Desnoyers;

1833 Reboul (redefined)

Pleistocene Pleistocéne Pleisteceno 1833 Charles Lyell
Pliocene Pliocéne Plioceno 1833 Charles Lyell
Miocene Miocéne Mioceno 1833 Charles Lyell

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1970 Paleogene

Oligocene

Paléogène

Oligocéne

Paleogen:

Oligoceno

1854 H. Von Beyrich

Eocene Eocéne Eoceno 1833 Charles Lyell
Palaeocene Palaeocéne Paleoceno 1874 W.P.Schimper

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Cretaceous Crétacé Cretàcico 1822 Omalius d'Holloy
Jurassic Jurassique Juràsico 1795 Alexander von Humboldt.
Triassic Trias Triàsico 1834 F. Von Alberti

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Permian Permien Pérmico 1841 Murchison
Carboniferous (Pennsylvanian Mississippian) Carbonifére Carbonifero 1822 British consensus

1953 US division

Devonian Devonien Devonico 1840 Murchison & Sedgewick
Silurian Silurien Silurico 1835 Sedgewick & Murchison

1839 Global recognition Murchison

Ordovician Ordovicien Ordovicico 1902 Charles Lapworth
Cambrian Cambrien Càmbrico 1835 Sedgewick & Murchison

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Precambrian Precambrien Precàmbrico  

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